Entrepreneuriat : Les défis à relever pour des entreprises burkinabè prospères
Chaque année, ce sont des milliers d’entreprises qui voient le jour au Burkina. Mais rares sont celles qui arrivent à survivre dans l'univers hautement concurrentiel du secteur privé. Pour remédier à cette situation, de jeunes experts et entrepreneurs mettent leurs expériences au service des entreprises en difficulté.
Selon un rapport publié par la maison de l’Entreprise du Burkina Faso en 2016, le taux de mortalité des entreprises au pays des hommes intègres est estimé à plus de 16%. Le même rapport indique que dès le 4e anniversaire de ces entreprises, le risque d’échec est plus élevé, avec une vitesse de survenance plus grande pour les entreprises créées par des femmes que celles créées par des hommes. Un chiffre interpellateur, au regard du nombre d’emplois perdus à cause de la fermeture de ces entreprises.
Prosper Couldiati est expert-comptable et président d’une association qui vient en aide aux entreprises en difficulté. A l'en croire, la plupart des entreprises en difficulté connaissent des problèmes d’information, de formation et de gestion de leurs responsables.
Mais étrangement, les entreprises fondées par des autodidactes sont celles qui s’en sortent le mieux, toujours selon M. Couldiati. « Nous avons constaté que les entreprises créées pas des personnes non instruites prospèrent plus que celles qui ont été créées par des diplômés », nous a-t-il confié.
L’efficacité des entrepreneurs autodidactes tient à la passion qui les anime dans la conduite de leur entreprise. Certains parmi eux sont issus d’une famille d’entrepreneurs dont ils ont hérité de la grande expérience en matière de gestion. Une connaissance du terrain qui leur donne une longueur d'avance par rapport à ceux qui ont été formés dans des instituts ou des universités. « Ceux qui ont été formés dans les universités ou instituts n’ont pas forcément la maîtrise de l’entrepreneuriat », a-t-il ajouté.
Pourtant, le Burkina Faso dispose d’opportunités énormes pour qui veut entreprendre. Mais de l’avis de Prosper Couldiati, ces opportunités sont surtout saisies par les entreprises étrangères qui s’implantent sur le territoire burkinabè. «Il y a des secteurs économiques importants sur lesquels règnent des entrepreneurs venus de la sous-région. Ils s’en sortent même mieux que nos entrepreneurs nationaux. Il faut que nos entrepreneurs arrivent à s’imposer au niveau national et même sous-régional», affirme-t-il.
Selon M. Couldiati, le Burkina Faso peut avoir de grands opérateurs économiques qui pourront employer des milliers de personnes et contribuer ainsi à booster l’économie du pays. Toutefois, des mesures d’accompagnement de l’Etat en matière de formation, de financement et de protectionnisme des entreprises locales sont nécessaires.
Le secteur privé est fondamental pour des pays comme le Burkina Faso, où l’Etat peine à trouver de l’emploi aux jeunes. Le développement et l’accompagnement des entreprises peuvent constituer une réponse dans la lutte contre le chômage.
Péma Néya
Espace de valorisation et de célébration des potentialités géologiques et minières du continent africain, la Semaine des activités minières d’Afrique de l’Ouest (SAMAO) se tiendra à Ouagadougou pour la quatrième fois du 26 au 28 septembre 2019. Point de convergence des investisseurs, banquiers, scientifiques et opérateurs miniers, la SAMAO se tient cette année sous le thème « Exploitation des ressources minérales et opportunités d’industrialisation de l’Afrique », avec pour pays invité d’honneur le Canada.
Déjà à la troisième édition, la SAMAO avait enregistré 21 pays et 1 900 participants, et les organisateurs n’en attendent pas moins pour la présente édition. Le choix porté sur le Canada comme pays invité d’honneur s’explique par les interactions entre les secteurs miniers canadien et burkinabè. A cet effet, les actifs du pays invité d’honneur sur le secteur minier burkinabè se chiffrent à 3,39 milliards de dollars, soit environ 2 000 milliards de francs CFA. En outre, sur les 13 mines en exploitation au pays des hommes intègres, 7 sont canadiennes et sur les 3 en construction, 2 le sont également.
Les 18, 19 et 20 juillet 2019, se tiendra à Ouagadougou un forum pour une formalisation plus accrue et une facilitation des activités des unités économiques informelles agricoles et non agricoles. Troisième du genre, ce forum vise à identifier les différentes raisons de l’évolution de manière informelle d’une bonne partie d’entrepreneurs du Burkina Faso. A ce rendez-vous, plus de 400 participants sont attendus.
Il sera également un cadre de dialogue direct avec le président du Faso et d’évaluation des recommandations du 2e forum. Selon Ibrahim Ouédraogo, représentant des entrepreneurs à la Chambre de commerce, « ce forum, ce sont les commerçants que nous représentons qui ont demandé sa tenue car il a été suspendu après les évènements des 30 et 31 octobre 2014 ». 










