Atelier de la forge : « Sans culture fondamentale, on ne peut assurer une vraie éducation », KPG, conteur professionnel
L’oralité au cœur de la cité ; un moment où l’écoute, le chant et la parole s’entremêlent, se heurtent, créent une énergie apaisante, celle de l’univers fantastique de la terre rouge du pays des hommes intègre : tel est le concept de « l’Atelier de la forge » initié par le conteur professionnel Pengdwendé Gérard, dit KPG. Nombre de thèmes y sont abordés par « Pakisd Naba kisk-rem de l’inamovible enclume ». Radars Info Burkina s’est entretenu avec lui le jeudi 14 mai 2020. Lisez plutôt.
Radars Burkina : Le conte a-t-il encore sa place dans une société dominée par les TIC et l’éducation classique ?
Kientéga P. Gérard : Il a toujours sa place parce qu’il s’adapte. Que ce soit dans le monde numérique ou à la télé, nous avons vu que le conte s’est adapté à travers les dessins animés et les films. Parce que le conte, ce sont des histoires que l’on raconte et les histoires, on les retrouve un peu partout dans toutes les productions artistiques. On profite du numérique pour pouvoir faire passer le conte qui est universel et transversal. Mais je conviens avec vous que le conte, dans sa façon d’être racontée, peine à s’installer. On a laissé ce domaine.
RB : Quel est l’objectif « du conte à l’école » que vous avez initié ?
KPG : C’était un devoir pour nous parce qu’on a remarqué que la plupart de nos enfants n’avaient pas de rêves ou du moins rêvaient de héros qui nous viennent d’ailleurs. Il a fallu qu’on fasse un travail toponymique, de réhabilitation de notre histoire mais aussi de nos héros pour permettre à nos enfants de rêver à partir de leur propre histoire et de leur propre culture. Aujourd’hui, sans culture fondamentale, on ne peut pas cultiver une vraie éducation. C’est la raison pour laquelle on a mis sur place « Le conte à l’école » parce que comme on dit, pour sauvegarder un patrimoine, une culture, il faut le (la) confier aux enfants. Nous, on s’est dit que le conte est important car c’est le canal de transmission que nos ancêtres ont utilisé et que nous continuons d’utiliser. Toutes les théories s’inspirent du conte. La structure du conte fait qu’on peut éduquer une vie et toute la société avec. Donc pour structurer la vie de l’enfant, le conte est incontournable.
RB : Vous êtes le fondateur du centre culturel « Koombi solidarité ». Quelles sont les activités que vous menez dans cet établissement ?
KPG : D’abord, le conte à l’école fait partie des activités de ce centre. C’est un centre de formation destiné aux enfants et aux jeunes non scolarisé ou déscolarisés, ou alors scolarisés en milieu rural. Vu la situation, on a commencé ici, c’est-à-dire à Ouagadougou, mais nous allons nous étendre dans les autres régions. L’objectif du centre est de valoriser notre culture et le conte. Ses autres activités, c’est la danse par l’appropriation des différents types de danses qui existent au Burkina, la musique et la confection d’instruments de musique. Il y a aussi des activités de tournées en Afrique, en Europe, aux Etats-Unis, etc.
RB : Comment vous est venue l’idée de « l’Atelier de la forge » ?
KPG : C’est un projet qui existait depuis longtemps mais qui tardait à voir le jour. C’est un projet métaphorique où on traite la symbolique de tous les outils de la forge. En tant que forgeron moderne, conteur, ce qu’on peut faire, c’est bien évidemment forger les mots, modeler les histoires, les transformer et en même temps les rassembler pour en faire une histoire afin de permettre à la population de les écouter et d’entretenir la cohésion sociale. Dans « l’Atelier de la forge », nous travaillons sur les mythes, les légendes, les épopées, les fables. D’ailleurs, nous avons écrit une fable contemporaine qui s’inspirait de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 et qui est intitulée Kosyam.
RB : Le mooré est beaucoup présent dans vos créations. Est-ce un fait du hasard ?
KPG : Ce n’est pas un fait du hasard. C’est bien normal pour nous. Parce que moi quand je réfléchis, je le fais d’abord dans ma langue, c'est-à-dire en mooré, et ensuite je traduis cela en français. Cette gymnastique me ralentit à un certain moment puisque je suis obligé de réfléchir doublement. Ce qu’il est important de souligner ici, c’est que le mooré vient renforcer et donner une autre forme poétique au français que je parle. De toute façon, je suis moaga et tout ce que je véhicule, ce sont des valeurs mossé.
RB : « Ragaandé », un disque de contes sorti en janvier 2016, a reçu un accueil positif du public. D’autres disques suivront-ils ?
KPG : « « Ragaandé », c’est effectivement un projet de conte et de musique que nous avons créé avec un groupe de musique en France. La production a été assurée par moi-même. C’est un spectacle très riche en contenu. Nous avons vendu près de 3000 disques. Nous en sommes fiers parce que c’est une production personnelle. Il y a beaucoup de créations, notamment dans la base de données de « l’Atelier pakisd Naba kisk-rem de l’inamovible enclume », qui attendent d’être produites. Malheureusement pour faire un disque, il faut en avoir les moyens. Si nos projets culturels ne sont pas défendus comme il le faut, c’est parce que les gens ne connaissent pas leur culture.
Propos recueillis par Obissa

«A l’occasion de la Journée mondiale du vivre-ensemble, célébrée le 16 mai 2020, le vivre-ensemble doit demeurer malgré la pandémie de coronavirus. Au Burkina Faso, au Mali, au Niger et au Tchad, des crises perdurent. Je voudrais donc lancer un appel à l’humanité entière, en particulier aux Africains, à travailler pour la prospérité. Nous devons bannir les petites querelles intestines et éviter de nous entre-tuer. L’Afrique a besoin de tous ses fils aujourd’hui. Quand il y a crise, on doit se retrouver et discuter pour y trouver une solution. La solution, ce n’est pas le recours aux armes. En tant que parrain du vivre-ensemble, je me dois d’œuvrer pour la paix non seulement pour la présente génération, mais aussi pour celles à venir. Dès la fin de la pandémie de coronavirus, je vais donc reprendre mes actions en faveur du vivre-ensemble. Après avoir bouclé ma tournée à l’intérieur du pays, j’irai au niveau sous-régional. La clôture se fera au Burkina Faso lors d’une nuit spéciale à laquelle tous les diplomates en service au Burkina seront invités », a conclu l’artiste.
Dans le titre « Bass M’buuda », la jeune artiste sensibilise également les citoyens au respect des mesures barrières, encourage ceux qui sont souffrants et rend hommage aux personnes décédées des suites du Covid-19 et du terrorisme. « Bass M’buuda » est chanté en français et en mooré. En seulement une semaine, ledit titre est déjà à 16 000 vues. C’est la preuve, si besoin était, que le message de l’artiste passe bien. A travers cet opus, Tanya dit vouloir aussi rester en contact avec ses fans et rester présente sur la scène artistique. Son actualité, à l’en croire, est en stand-by pour le moment en attendant la reprise des activités culturelles. S’agissant de son programme après-Covid-19, l’artiste répond que la décision revient à son staff. « Avec mon Staff, on verra si on doit réaliser un single ou tout un album », dit-elle. Pour Miss Tanya, même si les activités culturelles sont suspendues, il ne faut pas baisser les bras mais continuer à vivre. Elle invite par ailleurs chaque citoyen au respect des mesures barrières.
« Ces concerts se sont déroulés dans une salle quasiment vide mais avec un décor féerique », a-t-il déclaré. A l’en croire, une dizaine d’artistes ont été associés à ce projet innovant au Burkina Faso. Des artistes comme Freeman Tapily, Nourat et bien d’autres sont déjà passés. Pour Kenzo, l’un des concepteurs de cette idée, le bilan est satisfaisant car, d’après lui, le concept avait pour but essentiel de répondre à un double besoin. « Premièrement il s’agissait de combler un vide et de poursuivre les créations et les expressions artistiques dans ces moments de confinement. Deuxièmement, il était aussi question de créer une large tribune pour sensibiliser les gens aux mesures préventives du coronavirus afin de limiter la propagation du virus », s’est-il réjoui.
Honorine Zoma, plus connue sous le sobriquet de Nourat, une des artistes ayant participé au Covid-Live, s’est dit honorée d’avoir été associée à cette expérience qui s’adapte au contexte. « C’est un grand coup dans le milieu artistique car il fallait développer de nouvelles idées pour que les artistes puissent rester en contact avec leur public », a-t-elle soutenu. Elle a souligné que c’était une belle initiative et a salué les initiateurs car le concept a permis de sensibiliser la population. Amza Gane, alias Amzy, et W. Timothée Arthium Soubeiga, alias Toksa sont en pleins préparatifs pour leur passage ce soir à partir de 20 h au Centre national des arts, du spectacle et de l’audiovisuel (CENASA). Pour eux, l’initiative est à saluer à sa juste valeur. « C’est un beau concept car il nous permet de retrouver nos habitudes, même si ce n’est pas totalement la même chose », a-t-il dit. « C’est une super idée », lance Toksa. Pour lui, il s’agit de divertir tout en sensibilisant. « C’est vraiment bien réfléchi », a-t-il terminé.
Dez Altino, à l’état civil Tiga Wendwaoga Désiré Ouédraogo, et son personnel entretiennent une relation d’équipe. C’est du moins ce qu’il a confié à radarsburkina.net au cours d’une interview qu’il a bien voulu nous accorder le mercredi 06 mai 2020 à son domicile, au quartier Cissin de Ouagadougou. L’homme du « Wend ya Wendé », sans langue de bois, est aussi revenu sur le début de sa carrière et le fameux épisode de son admissibilité au concours d’entrée à l’école nationale de douane.
RB : Avez-vous conscience que la vidéo est susceptible de leur ouvrir des portes. Quel a été votre intention en réalisant cette vidéo avec eux ?
Bill Aka Kora et Cendrine Nama se démarquent des autres artistes dans ce contexte de coronavirus. Ils organisent en effet des concerts live en direct sur Facebook. Une façon pour ces deux artistes de rester en contact avec leur public et aussi d’apporter leur contribution à la lutte contre la pandémie de coronavirus. La rédaction de Radars Info Burkina est allée à leur rencontre. Lisez plutôt.
Un artiste est un griot qui relaie un message et c’est dans ce sens que la plus grande contribution que pourrait apporter un artiste dans cette lutte contre le Covid-19, c’est d’utiliser sa voix et son image pour sensibiliser la population aux gestes barrières, chose que nombre d’artistes font déjà. L’arrêt des activités culturelles, selon Bill Aka Kora et Cendrine Nama, c’est un moment d’introspection, de réflexion, de méditation et de redéfinition des objectifs de tout un chacun. Leur souhait est commun : l’éradication de la pandémie.










