Initiative sur la gestion juridique du COVID-19 au Burkina : Il fallait modifier la loi de 2019 portant règlement de l'état d'urgence pour étendre son champ d’application, selon les avocats
Un groupe de 13 avocats burkinabè provenant de divers barreaux a lancé l’initiative « Avocats face au COVID » (Avovid-19) pour un audit juridique de la riposte au coronavirus au Burkina. Ce jeudi 30 avril 2020, des membres de ce Think Tank étaient face aux hommes de médias pour présenter leur rapport déjà rendu public intitulé « Initiative sur la gestion de la pandémie au Burkina Faso ». Il en ressort que le décret présidentiel du 21 mars 2020 instaurant le couvre-feu ne trouve aucun fondement juridique solide dans la législation de crise en vigueur au Burkina Faso et que la plupart des mesures prises sortent du champ d'application de l'état d'alerte sanitaire tel que prévu par le Code de santé publique.
Selon ces hommes de droit, la panique et la psychose liées à la lutte contre le coronavirus ont eu pour conséquence la prise de mesures, le plus souvent de manière hâtive et sans une analyse approfondie de toutes les implications juridiques. Nul besoin de rappeler que le Burkina Faso est un Etat de droit.
C’est pourquoi l’initiative « Avocats face au COVID » (AVOVID-19) est née. Sa mission est de mener des réflexions durant tout le temps de la crise et même après afin de proposer des idées, moyens, stratégies et actions pour faciliter la prise de décisions sur le plan strict du droit.
Dans son premier rapport, qui a consisté en un audit juridique de la gestion de la crise, 10 axes stratégiques ont été préalablement identifiés au regard des mesures prises par les pouvoirs publics. Ces axes stratégiques ont été regroupés en 4 principales rubriques qui sont : la gestion juridique de la crise, la gestion socio-économique de la crise, les répercussions politiques et intentionnelles ainsi que les questions spéciales et diverses.
En ce qui concerne la gestion juridique de la crise, les avocats ont fait savoir que les différents actes juridiques ainsi que les mesures prises par les pouvoirs publics souffrent d'un véritable problème de fondement juridique.
« A titre d'exemple, le décret présidentiel du 21 mars 2020 instaurant le couvre-feu ne trouve aucun fondement juridique solide dans la législation de crise en vigueur au Burkina Faso. La plupart des mesures prises sortent du champ d'application de l'état d'alerte sanitaire tel que prévu par le Code de santé publique. La loi de 2019 portant règlement de l'état d'urgence et de l'état de siège ne constitue pas une base juridique suffisante pour la gestion de la pandémie…Il est nécessaire d’avoir une loi d’urgence qui tienne compte de toutes les situations de crise et fixe les compétences et pouvoirs des différentes autorités », ont-ils recommandé.
« La loi 2019 sur l’état d’urgence concerne les situations de terrorisme. Elle est uniquement en rapport avec le terrorisme. Il fallait la modifier et étendre son champ d’application », a poursuivi Antoine Kaboré, principal animateur de la conférence.
Sur le plan du fonctionnement des services publics et des activités des entreprises, « le constat est que le principe de continuité du service public a été mis à rude épreuve à tous les niveaux. Des recommandations ont été faites à ce niveau en vue d’assurer la continuité du service public dans l’administration publique, de la justice et des entreprises ».
« Dans le rapport, nous avons présenté des options ainsi que les avantages et les inconvénients de chaque hypothèse sur les répercussions politiques et institutionnelles de la pandémie. Il appartient aux décideurs de tenir compte de toutes les considérations du moment pour pouvoir prendre l’option qui semble être la meilleure. La première hypothèse consiste en un réaménagement du calendrier électoral, non pas pour reporter les élections mais pour peut-être les tenir à bonne date mais en réaménageant le calendrier d’un mois ou deux de deux mois ce qui vous nous amener à la fin de l’année 2020 ou au plus tard en début 2021. En ce qui concerne la seconde hypothèse, qui consiste à reporter les élections d’une année, l’avantage est de tenir compte des contraintes au niveau sanitaire. Par contre d’un point de vue strictement juridique, cette hypothèse pose problème. En ce qui concerne spécifiquement le statut du président du Faso, il n’y a aucune règle constitutionnelle qui autorise la prorogation de son mandat pour des raisons liées à une situation de crise comme celle sanitaire. Ainsi, nous proposons que soit saisi d’ores et déjà le Conseil constitutionnel, si cette hypothèse doit se réaliser, pour avoir son avis sur la situation », a conclu M. Kaboré.
Aly Tinto

Il y a aussi la lecture de la température. A l’en croire, les caméras seront disposées de sorte que la température lue soit vraiment la température du corps de la personne. Roland Tougma précise que ce dispositif est accessible et disponible pour tous. La plateforme tient compte du contexte qui est le nôtre actuellement, assure-t-il.
RB : Trouvez-vous le plan de riposte adapté ?
Au Burkina Faso, dans le cadre de la lutte contre la propagation du COVID-19, le port du masque est obligatoire, depuis le 27 avril 2020, sur toute l'étendue du territoire national. Des gens qui disent être allergiques au masque ne le portent pas. Radars Info Burkina, dans le but d'avoir des explications en la matière, a contacté le Professeur Georges Ouédraogo, pneumologue.
En guise de conseils, le Pr Ouédraogo invite les gens à surmonter leur peur et à supporter le port pendant une certaine durée ainsi qu’à apprendre à bien ajuster le masque et à « adapter» sa respiration et son expression orale.
Le mois du jeûne musulman, débuté le vendredi 27 avril, tombe cette année sur une période où sévit la pandémie de coronavirus. Cette situation, c’est le moins qu’on puisse dire, perturbe le déroulement du ramadan. Beaucoup de fidèles musulmans sont mécontents parce qu’ils ne peuvent pas avoir accès aux mosquées pour les séances de prière. Quels sont les interdits, les consignes et les recommandations pour les fidèles musulmans dans ce contexte de coronavirus ? El hadj Mahamoudou Korogo, chargé de communication du bureau exécutif de la communauté musulmane et directeur de la radio Al-FADJR, nous donne des réponses dans cet article.
« Pour la prière de 19h, les fidèles musulmans se retrouvaient à la mosquée les années passées mais cette année, la donne a changé », fait-il remarquer.
Cette année, le jeûne musulman s’effectue dans un contexte difficile caractérisé par une crise sanitaire sans précédent. Selon l’imam, toutes les fois où un regroupement de musulmans sera susceptible d’entraîner une propagation du virus et d’exposer des personnes à la maladie, l’islam recommande de faire attention. Le jeûne doit se faire dans des conditions de préservation de la vie humaine parce que, à l’en croire, le principe général de l’islam est que la nécessité lève l’interdit. Chaque fois qu’il y a nécessité de préserver sa vie et celle d’autrui, l’interdit ou le devoir religieux est suspendu. Du reste, l’imam Tiendrébéogo ne manque pas de donner des conseils aux fidèles musulmans pour réussir leur jeûne malgré les difficiles conditions. « Dans toute situation, il y a une sagesse derrière. Ce contexte particulier va faire le tri des musulmans suivistes et de ceux excellents », a-t-il relevé. Il invite ses coreligionnaires à être jaloux de leur relation avec Dieu au point que quelles que soit les conditions dans lesquelles ils s’adresseront à Lui, ils ne marchandent pas leur proximité. En plus, il les appelle à ne pas être des suivistes. En effet, pour lui cette situation est un test pour la foi, pour le degré d’attachement divin. « A la sortie de cette crise sanitaire, chacun de nous pourra se poser les bonnes questions sur son rapport à Dieu », a ajouté l’imam du Cercle d’études, de recherches et de formation islamiques (CERFI) pour clore son propos.
D’habitude au mois d’avril, la demande en eau de boisson est tellement forte que les usines d’ensachage d’eau se frottent les mains. Mais cette année, la donne a changé en raison de la pandémie de coronavirus. Comment ces unités d’ensachage s’adaptent-elles à cette situation peu reluisante ? Quelles précautions prennent-elles pour endiguer la propagation du virus à couronne ? Eléments de réponse.
Par exemple, tous ses employés sont tenus de porter un masque de protection lorsqu’ils arrivent, pendant de même qu’après le travail. Un lave-mains est mis à leur disposition à l’entrée. Les employés portent des chaussures désinfectées, des chapeaux ou des foulards avant d’entrer en contact avec les machines et les sachets d’eau. « Nous avons acheté des masques de protection à nos livreurs et ils sont tenus de les porter lors des livraisons », précise par ailleurs M. Bakieka.
Le paludisme constitue au Burkina Faso un problème majeur de santé publique. En 2018, les formations sanitaires ont dénombré 11 970 321 cas de paludisme simple avec 4294 décès. Cette maladie est la première cause de consultation, d’hospitalisation et de mortalité dans les formations sanitaires. Les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes y paient chaque année le plus lourd tribut. Selon l’Enquête sur les indicateurs du paludisme au Burkina Faso (EIPBF 2014), la prévalence parasitaire chez les enfants de moins de 5 ans est de 46%.
Pour assurer une couverture universelle des ménages en moustiquaire imprégnée d’insecticides à longue durée d’action (MILDA), le pays réalise depuis 2010 une campagne de distribution gratuite des MILDA tous les trois ans. Chacune des trois premières campagnes a permis d’atteindre une couverture administrative des ménages de plus de 95%. Il y a également la Pulvérisation intra domiciliaire (PID), la Lutte anti-larvaire (LAL), la promotion de l’assainissement du cadre de vie et la gestion de la résistance aux insecticides.
En plus d’être humoriste, il est aussi « le vagabond de l’assainissement ». En dix ans, il compte rendre le pays des hommes intègres propre. Il vise à cet effet 25 millions de poubelles et 10 millions de lave-mains. Pour y parvenir, il a initié le concept « Un spectacle une ville propre ». Séverin W. Yaméogo, confiant, prédit que demain sera meilleur.
De 2019 à 2020, l’artiste confie avoir injecté près de 11 millions de francs CFA dans son projet. Avec son équipe d’environ 25 personnes, en majorité des étudiants, ils ont réussi à manufacturer 450 poubelles et 150 lave-mains qu’ils ont partagés dans 15 universités, 5 institutions étatiques, plus de 40 pharmacies de la place, 12 restaurants et 12 CSPS, sans oublier les ménages.










