« D'abord, le dernier réajustement du prix du gasoil dans notre pays remonte à août 2022. Cela fait déjà 4 ans que le prix du gasoil est bloqué à 675 FCFA malgré toutes les fluctuations que le marché international a connues. Si le prix est resté fixe à 675 FCFA, c'est parce que les plus hautes autorités de notre pays, à commencer par le chef de l'État, ont privilégié une politique de stabilité des prix via les mécanismes de subvention.Et si aujourd'hui il est question de revoir ce prix à la hausse, c'est parce que certaines réalités qui ne dépendent pas de nous, qui ne dépendent pas de notre pays, mettent à rude épreuve, certes, la soutenabilité de cette politique et surtout compromettent dangereusement la stabilité de notre pays en termes d'approvisionnement en hydrocarbures.
Une des réalités, c'est que, tout au long de l'année 2026, avec les crises que connaît le Moyen-Orient, nous assistons à une flambée des prix sur le marché international. Le cours du pétrole, communément appelé brut, a flambé. Les coûts de transaction, notamment les coûts liés aux frets terrestre et maritime, ont connu une hausse.
À cela s'ajoute une revalorisation du dollar vis-à-vis du FCFA. Tous ces facteurs combinés ont des répercussions directes sur les prix réels des hydrocarbures.
Typiquement pour le gasoil, à un moment donné, le prix réel, c'est-à-dire le prix auquel on payait le gasoil, était de l'ordre de 1 050 FCFA. La conséquence immédiate est qu'en six (6) mois, les moins-values sur le gasoil correspondant aux subventions de l'État étaient de l'ordre de soixante (60) milliards de FCFA. Ainsi, si rien n'est fait d'ici la fin de l'année, ce chiffre devrait atteindre, voire dépasser 135 milliards de FCFA, rien que pour le gasoil.
Aussi, étant donné que le prix du gasoil est bas au Burkina Faso comparativement aux pays de la sous-région, puisque la quasi-totalité des pays de la sous-région ont des prix supérieurs à 675 FCFA, en dehors du Niger et du Nigeria qui sont des pays producteurs , le gasoil coûte plus cher au #Togo, au #Bénin, en #Côte d'#Ivoire, au #Mali, au #Sénégal, au #Ghana.
Donc, qu'est-ce qui se passe ? Les transporteurs de ces pays préfèrent venir faire le plein au Burkina Faso, avec même des réserves pour repartir. La conséquence est qu'il y a une sorte de surconsommation de gasoil burkinabè. Les chiffres montrent qu'en juin 2026, nous sommes déjà à plus de 365 millions de litres.
Si rien n'est fait, d'ici la fin de l'année, on se retrouvera avec plus de 730 millions de litres, comparé à une consommation moyenne du Burkina qui tourne autour de 500 millions de litres. Il y a une différence de plus de 230 millions de litres qui ne représente pas la consommation des Burkinabè.
L'État subventionne le gasoil pour qu'il profite aux Burkinabè. Mais si l'État subventionne et que ce gasoil se retrouve ailleurs, cela pose problème.
Ces 230 millions de litres correspondent à environ 70 milliards de FCFA.
En termes simples, c'est comme si notre pays subventionnait les pays voisins dans lesquels le gasoil coûte plus cher, subventionnait les transporteurs de ces pays voisins à hauteur de 70 milliards de FCFA.
Dans un contexte de guerre où chaque franc compte, vous convenez avec moi qu'il est impératif de faire quelque chose. Sinon, en plus de détériorer la stabilité financière de la SONABHY, nous faisons courir des risques à notre pays en termes de continuité de l'approvisionnement en hydrocarbures.
Et comme vous le savez, une rupture de gasoil a des conséquences incalculables. »
Le camarade Abdou-Salam Gampené, secrétaire général de la Primature et président du Comité interministériel de détermination des prix des hydrocarbures, ce dimanche 9 août 2026, au journal télévisé de 20 heures de la Télévision nationale du Burkina (RTB).











