mardi 18 juin 2024

Fermeture des grands marchés et yaars : Constat dans quelques-uns d’entre eux

respect uneDans l’optique d’éviter les grands rassemblements en vue de lutter contre la propagation du coronavirus, le gouvernement burkinabè a décrété le 16 mars dernier la fermeture des grands marchés et des yaars de la capitale. Nous avons fait un tour sur le terrain pour vérifier l’effectivité de cette mesure de l’exécutif.

Au marché de Pissy, les échoppes sont fermées mais des commerçants sont installés tout autour. Les 6 mètres et le bord du goudron sont occupés par des vendeuses de légumes, des bouchers et d’autres commerçants. Peu de vendeuses portent un masque de protection. Les vendeuses essaient de respecter la distance d’au moins un mètre entre elles malgré la difficulté d’application. Les vendeuses reconnaissent occuper de façon anarchique les alentours du marché mais déclarent que c’est pour assurer leur pitance quotidienne. Une veuve, mère de trois enfants et vendeuse de farine, déclare qu’elle a du mal à s’occuper de sa famille depuis la fermeture du marché. « Si je ne vends pas, mes enfants deviendront des voleurs parce qu’il n’y a personne pour m’aider à m’occuper d’eux. Je n’ai pas une autre activité en parallèle ou une autre source de revenu. La police vient nous chasser mais nous devons vendre pour pouvoir vivre ». respect 2Beaucoup de vendeuses installées aux abords du marché de Pissy invoquent la même raison. La plupart sont assises sous des parasols pour se mettre à l’abri du soleil.

Au marché de Paglayiri, c’est le même constat. Les femmes sont installées derrière le marché mais en plus petits nombres. Une dame y vendant des légumes affirme qu’elle se rend au marché chaque matin à partir de cinq heures trente pour vendre au plus vite afin de rentrer plus tôt avant que la police ne débarque. « La police vient nous chasser mais dès qu’elle repart, nous revenons vendre. J’ai mes enfants et les enfants de mon défunt frère à prendre en charge, donc ce n’est pas du tout facile pour moi. Déjà que j’avais du mal à m’occuper de ma famille, la fermeture du marché vient est un souci supplémentaire ». Elle renchérit que la décision des autorités de fermer les marchés vise à éviter la propagation de la maladie mais qu’elle doit continuer à vendre si elle veut subvenir aux besoins de sa famille.

Les commerçants de ces marchés et yaars fermés espèrent leur réouverture prochaine afin de pouvoir reprendre leurs activités.

Elza Nongana (Stagiaire)

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