mercredi 19 juin 2024

Marche-meeting du 7 mars de la coalition syndicale : « Nous serons moins menaçants le jour où le peuple va avoir… », Bassolma Bazié

chmar uneFace à la mesure gouvernementale d’extension de l'Impôt unique sur les traitements et salaires (IUTS) aux primes et indemnités des fonctionnaires, l’Unité d’action syndicale (UAS) a déposé un préavis de grève allant du 16 au 20 mars 2020, avec une marche nationale le 17 mars. En prélude à cette grève, la coalition syndicale a appelé à une marche-meeting  nationale ce samedi 7 mars 2020. A Ouagadougou, de nombreux militants ont arpenté pendant une heure des artères de la ville en cette matinée. Radars Info Burkina y était.

A 8h, les militants étaient déjà nombreux à la Bourse du travail, lieu de rassemblement pour la marche. Des artistes comme ZMO ont tenu le public en haleine en attendant le top départ. Par la suite, c’est le porte-parole de la coalition syndicale, le Secrétaire général de la Confédération générale du travail du Burkina (CGT-B), Bassolma Bazié, qui s’est adressé aux militants. « Nous avons reçu une correspondance de la mairie de Ouagadougou qui indiquait que l’itinéraire habituel indiqué (Bourse du Travail-Etat-major- Rond-point des Nations Unies-Avenue Kwame Nkrumah – Avenue de la Cathédrale-Bourse du Travail, Ndlr)) n’est pas possible pour une marche pour des raisons sécuritaires. Ainsi nous avons décidé de prendre un autre itinéraire», a expliqué Bassolma Bazié.

Le nouvel itinéraire part de la Bourse du Travail au Rond-point du Conseil Burkinabè des Chargeurs (CBC) au feu Kanazoé, et du terrain du Mogho Naaba à la Cathédrale, pour revenir à la Bourse du Travail.

A 10h la cour refusait du monde et la marche allait commencer.   Des hommes et femmes habillés à l’effigie de leur corporation syndicale pendant que d’autres tiennent des banderoles de slogans et de structures syndicales vont renter dans les rangs. Bassolma Bazié et sa troupe quittent alors la Bourse du travail pour arpenter des rues de Ouagadougou sous un soleil ardent. Des slogans hostiles à l’IUTS et à la mal gouvernance sont scandés durant la marche.

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Une heure après, les marcheurs du jour, qui constituent une véritable marée humaine, arrivent au lieu de départ. Après une prestation d’artistes, Souleymane Badiel, SG de la Fédération nationale des syndicats des travailleurs de l'éducation et de la recherche (F-SYNTER), s’adresse aux militants : « Nous insistons et rappelons que les travailleurs payent bel et bien l’impôt et l’action en cours ne vise pas à dire que les travailleurs ne veulent pas payer l’impôt. Ils le payent déjà ; seulement, ils refusent qu’on surcharge davantage le montant des paiements qu’ils effectuent déjà et qui n’est pas simple. Mon bulletin est là (il le présente). Ce que j’ai payé comme impôt en 2019, c’est 412 000 francs CFA. Quand est face à un prédateur, la réaction de défense est naturelle et légitime ».

Bassolma Bazié est le dernier à prendre la parole. A l’en croire, la mobilisation a été effective dans toutes les 13 régions du Burkina. « Au gouvernement, quand le mouvement syndical est en lutte, on commence par la désinformation, quand ça ne suffit pas, on passe à la division. Quand la division ne suffit pas on passe aux menaces. Quand ils constatent que le peuple est mobilisé, on va fabriquer des acteurs avec lesquels il faut négocier. Ceux avec qui il faut négocier, c’est l’ensemble des secrétaires généraux assis ici. chmar 3A l’endroit du président de l’Assemblée nationale (AN) qui estime qu’il y a des menaces, et que nous avons des propos irrévérencieux, nous tenons aussi à dire que le jour où le peuple va avoir une main consciencieuse, cohérente et conséquente qui va tenir le maillet de l’AN et voter des lois légitimes qui défendent les intérêts du peuple nous serons moins menaçants», a lancé M. Bazié.

Il a poursuivi en affirmant : « Ce qui frappe et indigne les travailleurs et les citoyens de façon générale, c’est que le gouvernement, au moment où il choisit de s’attaquer aux travailleurs, ferme les yeux sur les détournements, les vols, les fraudes et autres malversations qui font perdre à l’Etat des centaines de milliards de francs CFA. »

Ainsi donc, la coalition syndicale « appelle les travailleurs, sur l’ensemble du territoire, à poursuivre les actions sectorielles, à préparer la grève à venir. Il est impératif que nous assurions à ces différentes actions un succès éclatant, gage de la satisfaction de nos légitimes revendications».

Aly Tinto

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