samedi 15 juin 2024

Le Faso Dan Fani : Symbole d’une Nation fière de ses racines

danfaa uneFaso Dan Fani est une expression dioula qui signifie « pagne tissé de la patrie » en français. Textile burkinabè par excellence, cette cotonnade est lourde de sens et de symboles. Très prisé de nos jours par les Burkinabè, le Faso Dan Fani est fièrement porté, ceint autour de la taille par les femmes ou cousu en habits traditionnels. La rédaction de radarsburkina.net a fait un constat auprès des commerçants et des utilisateurs de cette étoffe made in Burkina pour se faire une petite idée de l’engouement pour ce label.

« Le Faso Dan Fani est une identité remarquable de tous ceux qui se réclament Burkinabè », déclare fièrement Ablassé Ouédraogo, agent des impôts. Pour lui, c’est aujourd’hui une fierté de voir que les Burkinabè se sont approprié cette étoffe. « Je suis convaincu qu’on trouvera dans chaque garde-robe des Burkinabè, au moins une tenue faite à base de Faso Dan Fani », affirme-t-il. Salimata Salembéré, coiffeuse à « Rood-woko », soutient que presque toute sa garde-robe est constituée de pagnes Faso Dan Fani. « C’est ce qui est présentement à la mode », a-t-elle répondu quand il s’est agi de nous dire pourquoi cet engouement. A l’en croire, que ce soit pour aller au travail ou pour une soirée entre amies, elle ne se lasse jamais de porter du Faso Dan Fani. Si Christelle Kambiré, étudiante en Licence II de Lettres Modernes à l’Université Ouaga 1, Joseph Ki-Zerbo, se réjouit que le Faso Dan Fani soit devenu un label, elle plaide cependant pour la réduction du prix de cette cotonnade. « Je n’ai, par exemple, qu’une tenue en Faso Dan Fani. L’achat du pagne et la couture m’ont coûté la peau des fesses », a-t-elle renchéri dans un sourire narquois. danfaa 2En effet, il est plus onéreux que le pagne Wax, si bien que toutes les catégories sociales ne sont pas toujours en mesure de se le procurer. Cela pousse certains à s’adonner à l’importation d’imitations de qualité plus ou moins bonne mais surtout beaucoup plus abordables, à tel point que le marché local est quelque peu grippé.

Qu’à cela ne tienne, Issiaka Zoundi, commerçant de tenues Faso Dan Fani prêt-à-porter, dit y trouver son compte. « Mes prix varient en fonction des modèles. Il y a certains modèles à 12 000 F et les plus chers sont à 17 500 F », a-t-il expliqué. Il affirme ne pas se plaindre de son chiffre d’affaires : « Dans la semaine, je peux vendre une dizaine de tenues. Grâce à ça, j’assure la popote à la maison et je paye la scolarité de mes enfants. » Selon Moïse Nonguerma, commerçant de tissus Faso Dan Fani au quartier Somgandé, à Ouagadougou, l’engouement subit des Burkinabè pour cette cotonnade a fait que plusieurs commerçants se sont adonnés à sa commercialisation. « L’un dans l’autre, je m’en sors. Rien qu’hier, un type en voiture est venu acheter presque la moitié de mes pagnes pour aller les revendre en Hexagone », nous a-t-il confié. Et de terminer : « En tout cas je ne vais pas mentir, ça va ». Du reste, la promotion de cette étoffe est faite au plus haut sommet de l’Etat. En effet, à chaque manifestation d’envergure, on voit des hommes et des femmes l’arborer. Le président du Faso en est l’ambassadeur et porte du Faso Dan Fani à chacune de ses apparitions, que ce soit sur le plan national ou quand il est en voyage officiel à l’étranger. Robuste et naturel, le Faso Dan Fani est devenu le symbole d’une Nation fière de ses racines et de son savoir-faire.

Obissa Juste Mien

 

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