vendredi 3 avril 2020

Fouille des décharges publiques : Un danger silencieux qui plane sur la société

dcharg uneAu quotidien, plusieurs hommes, femmes et enfants affluent vers des dépôts d’ordures. Ils y passent de longues heures à tourner et retourner les déchets à la recherche certainement de quoi vivre. Mais que cherchent-ils exactement ? Radars Info Burkina a voulu en savoir plus pour vous. Lisez plutôt.

A proximité du cimetière de Karpala, l’un des quartiers de la ville de Ouagadougou, on trouve l’une des grandes décharges qui est l’objet de convoitise. Des gens de tous âges y sont tous les jours, pioches en main. Ils sont à la recherche de ce qu’ils estiment être encore utile en fouillant dans ces tas immondes à la puanteur horrible et nauséabonde. Chose à laquelle, visiblement, ils sont devenus indifférents.    

« Ce n’est pas tout ce qu’on jette ici qui n’est pas bon », nous confie un gamin qui affirme être un habitué des lieux. Il y est depuis l’aube et  nous donne ses raisons : « Il y a des camions qui viennent déverser des ordures la nuit et les premiers à arriver sont les mieux servis».

« Beaucoup de gens vivent grâce à ces poubelles où ils récupèrent de la nourriture,  du poisson ou de la viande. Ils savent que ce n’est pas bon pour leur santé mais n’ont pas vraiment le choix», affirme un autre jeune rencontré sur la décharge dont la quête de fer et d’aluminium justifie la présence sur les lieux. « Moi, je viens chercher les pneus pour récupérer le fer à l’intérieur  et les canettes vides ainsi que les matières en aluminium que je vends pour me faire un peu d’argent », a-t-il indiqué.

Dans cette décharge, on rencontre également des femmes à la recherche d’objets en plastique, de bouchons de bidons et même d’ustensiles de cuisine qu’elles utilisent ou vendent à des personnes pour des usages divers. Des bidons qui suscitent des interrogations sur l’origine de ceux utilisés par les vendeuses de jus en ville.

dcharg 2Tous ne viennent pas dans la décharge pour y travailler. Il y a également les acheteurs du matériel récupéré. L’un d’entre eux est même venu avec son camion, à l’aide duquel il transporte les objets achetés.

Cette activité, sans nul doute, expose la société, à commencer par ceux qui y rôdent, à plusieurs sortes de dangers sanitaires. En effet, certains d’entre eux n’hésitent pas à consommer des produits avariés mais qu’ils estiment être toujours comestibles. En outre, nous avons constaté que les personnes qui fouillent dans les immondices ne portent ni gants, ni chaussures de protection, encore moins un cache-nez.

 Ainsi, femmes et enfants passent de longues journées à inhaler la puanteur des déchets de tous genres en décomposition dont ils ignorent la provenance. A cela s’ajoute le risque de se faire entailler la main ou le pied par un tesson de bouteille ou d’autres objets tranchants qui ne manquent pas sur ces lieux.   

Les dangers liés à cette activité n’épargnent guère la société. Car certains objets infectés tels les bidons et les ustensiles de cuisine peuvent se retrouver dans les ménages ou chez les vendeuses de friandises avec  les risques de maladies que cela implique.

En cette période où plusieurs cas d’intoxication ont fait des morts dans certaines villes du pays, les mesures de découragement de toute activité  susceptible de mettre la société en danger  doivent être renforcées.

Péma Néya

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