vendredi 27 mai 2022

Enseignement bilingue franco-arabe au Burkina Faso : Quand des diplômés se sentent marginalisés et dévalorisés

franco uneTravailler pour plus d’homogénéité entre enseignement bilingue franco-arabe et celui classique est l’un des défis que s’est assigné le ministère de l’Education nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales. Relever ce défi, c'est ce à quoi s’attelle la Ligue nationale des arabophones du Burkina. Sur le terrain, il y a des diplômés qui se sont intégrés dans la vie socioprofessionnelle sans difficulté, d’autres par contre peinent à voir le bout du tunnel.

Pour le Pr Séni Ouédraogo, il y a une « masse critique indispensable de compétences » à laquelle il sied d’accorder une attention particulière au travers de la réforme de l’enseignement franco-arabe. Cela permettra selon lui d’« éviter que les apprenants qui y sortent deviennent un piège pour le pays ».

Pour El Hadj Ahmad Sanogo, coordonnateur des Ecoles d’enseignement franco-arabe (EFA), formé en Arabie Saoudite, les « difficultés » rencontrées par les diplômés issus de ces écoles sur le marché de l’emploi sont énormes car, dit-il, ils sont très souvent  « Marginalisés et dévalorisés ».

Pour Boukari Gansonré, chercheur, dans certaines écoles d’enseignement franco-arabe il y a assez d’efforts qui sont faits pour équilibrer les curricula de formation de sorte que les diplômés qui en sortent soient très bien outillés. franco 2D’autres par contre perdent de vue cet équilibre qui peut rendre opérationnels tous les diplômés sur tous les terrains. Pour ce faire, plus d’une voix s’est élevée pour réclamer une bonne formation des encadreurs et une réforme de ce système éducatif. C’est dans le souci d’intégrer cet important dispositif (enseignement franco-arabe) dans le système éducatif national dont il était en marge, que le Projet d’appui à l’Enseignement primaire bilingue franco-arabe (PREFA) a été mis en place. Avec ce projet, le sentiment de marginalisation de cette catégorie de diplômés disparaît au fur et à mesure.  Les données disponibles comprennent la construction de deux salles de classe à l’Ecole nationale des enseignants du Primaire (ENEP) de Loumbila qui a ouvert une section arabophone et formé 124 enseignants bilingues franco-arabes. 1 800 enseignants et 503 directeurs d’écoles franco-arabes ont reçu des formations en techniques pédagogiques et en gestion scolaire.

La poursuite de cette réforme permettra non seulement un enseignement de qualité dans ces écoles mais  donnera plus de chance d’insertion socioprofessionnelle aux diplômés de ces écoles. De plus, cela pourrait contribuer à promouvoir les valeurs de cet enseignement franco-arabe en ces temps d’insécurité que vit le Burkina Faso.

Saâhar-Iyaon Christian Somé Békuoné

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