vendredi 27 mai 2022

Utilisation des réseaux sociaux : Quand des internautes foulent aux pieds le droit à l’image des enfants

boo uneNous sommes très nombreux à utiliser les réseaux sociaux Facebook, Twitter, Instagram, etc., pour communiquer. Il n’est pas rare d'y constater la publication de photos d’enfants par leurs parents ou certains internautes. Ceux qui s’adonnent à ces pratiques bafouent le droit à l’image des enfants en même temps qu'ils  exposent  ces mômes à des risques.

Il est courant de voir des parents publier sur la toile mondiale des photos de leurs enfants prises lors d’événements tels  les anniversaires, les mariages, les baptêmes ou pendant les sorties de vacances. Cette pratique qui consiste à rendre publiques des photos de mineurs foule aux pieds le droit à l’image de ces derniers.

Selon le droit à l’image, la prise de toute image d’une personne mais également l’utilisation ultérieure de cette  image requièrent le consentement de ladite personne.

En ce qui concerne les mineurs, ce sont les parents qui sont habilités à donner leur autorisation. Mais si l’enfant a entre 12 et 14 ans, il a suffisamment de discernement pour donner lui-même son consentement.

«Si ceux qui s’adonnent à cette pratique de publication de photos de leurs enfants sur la toile y trouvent du plaisir, moi en ce qui me concerne je suis contre. Le virtuel n’est pas un cadre restreint, par conséquent des inconnus ont accès à des images de ta famille. Il serait mieux d’envoyer les photos en privé à tes amis», déclare M. Sawadogo.

Nous demandons à Alassane Kinda, qui est en train de prendre son déjeuner avec un de ses amis, son avis sur la question. Pour lui, le droit à l’image doit être sacré. C’est ainsi que depuis qu’il utilise les réseaux sociaux, il n’a jamais mis en ligne de photos de membres de sa famille, nous assure-t-il. Il ne publie que les siennes, à l’en croire, et invite les parents à s’abstenir d'exposer des images de leurs rejetons sur les réseaux sociaux.

boo 2Pour Marc Zounnon, infirmier, «les réseaux sociaux ne sont pas faits pour les enfants mais pour les adultes. Ceux qui s’adonnent à cette pratique en ignorent la gravité. Je leur conseille d'y mettre un terme ».

 De l'avis de son ami Noël Ouédraogo, juriste, «pour avoir fait le droit, je sais ce que vaut l’image. Je ne publie jamais de photo d’enfant sur la toile. La photo peut être utilisée à des fins criminelles. L’enfant, c’est un être vulnérable. En publiant son image, ses parents prennent la décision à sa place sans son consentement. L’image de l’enfant doit être protégée jusqu’à ce qu’il ait atteint l’âge de la majorité».

Il conseille aux utilisateurs des réseaux sociaux d’utiliser les canaux de messagerie comme WhatsApp et Viber pour envoyer en privé les photos des enfants à des amis et connaissances sans les exposer sur la toile. Il fait savoir qu’il a déjà averti des proches en la matière.

N’importe qui peut accéder en ligne à de nombreuses informations concernant votre enfant. Les photos peuvent être récupérées et détournées de leur usage initial. Parmi les principaux risques, on peut  mentionner l’exploitation des photos par des sites illégaux,  leur utilisation à des fins publicitaires sans votre consentement et sans aucun dédommagement pour l’usage commercial.

Si l’enfant est assez grand il serait mieux de demander son avis avant de poster sa photo. Ainsi il appréciera le geste et prendra conscience que le droit à l’image est une valeur importante  aux yeux des parents. Si un parent tient à publier des photos de sa famille où il y a des mineurs, l’idéal serait de faire en sorte qu’on ne distingue pas le visage des enfants.

Aly Tinto (Stagiaire)

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