lundi 4 juillet 2022

Procès du putsch manqué de septembre 2015 : « Le parquet a requis une peine très lourde pour moi. Que Dieu le lui rende au centuple », Gilbert Diendéré

plaid 1Ce mercredi 07 août, c’est Maître Jean Dégli, conseil du général de brigade Gilbert Diendéré, qui a clos la plaidoirie aux fins de sa défense. Pour lui, les infractions n’étant pas constituées, son client devrait être acquitté au meilleur des cas, car ayant le bénéfice du doute ; au pire des cas il devrait être condamné avec la clémence du tribunal et sans destitution de son grade.

Pour Maître Jean Dégli, conseil de Diendéré, les infractions de meurtre et de trahison reprochées à son client ne sont pas constituées. Car, dit-il, le parquet n’a pas eu le moyen de les prouver. Selon lui, le général n’a jamais ordonné une mission de maintien d’ordre avec des armes en métal. Et c’est pour cette raison que des armes seraient venues de la Côte d’ivoire. Interpellé pour le maintien d’ordre, le chef d’état-major d’alors de la gendarmerie lui avait signifié le manque de matériel et il fallait en chercher. Comme argument militant en faveur de son client, Jean Dégli estime que le président du Conseil national pour la démocratie (CND) en son temps avait ordonné à la gendarmerie de faire la lumière sur toutes les tracasseries et tueries sur le terrain, pour qu’au moment venu, la justice puisse avoir de la matière.  Une personne ne peut pas ordonner que l’on tue des gens et par la suite diligenter une enquête sur ses propres forfaits, s’est-il indigné. Pour lui, connaissant les prouesses de l’homme pour son pays, la sous-région et l’Afrique entière, Diendéré peut encore servir ce pays, et il prit le tribunal de le lui permettre. Alors il a demandé qu’à défaut de l’acquitter, on ne le destitue pas de son grade de général. Il précise qu’il faut avoir à l’esprit que c’est Diendéré qui a ordonné la libération des autorités de la transition qui auraient pu perdre la vie au moment de leur détention.

Au terme de la plaidoirie de Maître Jean Dégli qui met fin également au temps de parole de sa défense, le général Diendéré a présenté ses excuses en ces termes : « J’exprime ma douleur et ma compassion pour les blessés, les défunts. Ceux qui ont d’une manière ou d’une autre subi un tort lors des tragiques évènements. Pour ceux qui ont encore des séquelles, que Dieu leur donne la santé et je le prie également d’accueillir les défunts dans son royaume ». Après cela, il a dit être particulièrement préoccupé pour ses frères d’armes qui font face à une guerre asymétrique contre l’hydre terrorisme. Il a indiqué que c’était pour éviter cela qu’il ne voulait pas que l’on désorganise le système de défense et de sécurité nationale. plaid 2Et c’est ce combat qui l’a conduit à la Maison d’arrêt et de correction des armées (MACA). Il a ensuite ajouté : « Du fond de ma cellule, je reste disponible pour la défense de mon pays. Car au grand jamais, je ne serai un traître pour ma patrie. Au grand jamais, je ne trahirai mon pays ».

Après cette repentance tant souhaitée par son conseil, Gilbert Diendéré a remercié le président du tribunal et les autres membres de les avoir  écoutés, lui et ses coaccusés, chose qui à son avis leur permettra de prendre une décision équitable. Ensuite, il a demandé que le tribunal comprenne ses coaccusés, militaires comme civils, et les acquitte. A ses avocats il a réitéré ses remerciements d’avoir su défendre ce qu’il avait au fond de son cœur. A ceux de la partie civile, il a tenu à dire également merci de lui avoir permis, à travers leurs questions, d’avoir assez d’arguments pour sa défense. Quant à la réquisition du parquet, il indique que ç’a été du copier-coller car pour lui, il y a dernière cela une idée préconçue et le coupable était déjà trouvé avant le démarrage du procès à proprement parler.  Pour cela, il s’est exprimé en ces termes : « Le parquet a requis contre moi une peine très lourde. Comme on a l’habitude de le dire, que Dieu leur rende au centuple ce qu’ils auront contribué à faire ». Selon lui, lui et ses coaccusés sont loin d'être des nazis, comme le pensaient plusieurs personnes. Il a foi que tout comme le tribunal, le public l’a compris.

Enfin, il a souhaité du courage à sa famille, à ses amis et à ses coaccusés pour cette épreuve qu’ils ont traversée depuis longtemps et continuent de traverser, avant de s’excuser auprès de ceux qui ont été frustrés par sa prestation pendant ce procès par quelque manière que ce soit.  

Pour le reste, il dit s’en remettre aux décisions du tribunal, à qui il fait confiance quant à sa sagesse et à sa hauteur d’esprit.

Saâhar-Iyaon Christian Somé Békuoné

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