samedi 26 septembre 2020

Personnes victimes de la pratique agricole par les pesticides : Impossible de parvenir à éliminer les résidus toxiques contenus dans les produits récemment traités

tcid uneAu moins 18 morts ont été enregistrés suite à une intoxication alimentaire au Burkina Faso au cours de la saison agricole. Le 1er septembre 2019, 13 personnes sont décédées dans la région Centre-Ouest. Le 9 septembre, 5 décès sont signalés dans la province du Kourittenga. Selon les premières enquêtes, ces cas de décès seraient dus à la consommation d’aliments contaminés par des pesticides. Radars Info Burkina a rencontré René Sanou, ingénieur  agronome et chef du service Pesticides au ministère de l’Agriculture, pour savoir ce qui est fait pour une gestion rationnelle et sécurisée des pesticides.

 «Face à leur volonté  manifeste d'accroître la productivité et la production agricoles, le recours aux pesticides (herbicides, insecticides, etc.) est devenu de nos jours presque systématique par les producteurs agricoles pour contrôler soit les mauvaises herbes, soit les ravageurs. L’utilisation de ces pesticides est de plus en plus croissante dans notre pays depuis ces dernières années. Malheureusement, la plupart de ces produits ne sont pas autorisés, ce qui représente un réel danger pour notre santé et pour la préservation de notre environnement », fait remarquer l’Ingénieur agronome.

Bouriema Ilboudo est dans son champ en cette matinée du mercredi 18 septembre. Il vient de livrer du gombo à une cliente.

«Je cultive du maïs et pratique le jardinage dans mon champ. Je suis dans cette activité depuis maintenant 12 ans. J’utilise régulièrement des pesticides pour lutter contre les insectes ravageurs. Je n’ai jamais eu de formation sur l’utilisation des pesticides. ticid 3Entre nous cultivateurs, nous partageons les informations sur l’utilisation des pesticides selon nos expériences. Par précaution, c’est 7 jours après la pulvérisation des plants de gombos, d’aubergines ou de tomates, que je  procède à la récolte. Après sept jours, je pense que le produit n’a plus d’effet. Les consommateurs sont ainsi en sécurité», explique-t-il.

Selon M. Sanou, le ministère de l’Agriculture accompagne les producteurs dans l’adoption de bonnes pratiques agricoles à travers la formation/sensibilisation sur l’utilisation rationnelle et sécurisée, et les risques liés à l’utilisation des pesticides ; la formation des distributeurs de pesticides sur la connaissance des pesticides afin que ces derniers puissent orienter les producteurs qui viennent vers eux dans leur choix. A cela s'ajoutent la formation des brigadiers phytosanitaires qui sont chargés d’aider les productrices agricoles pour le traitement de leur champ ainsi que la formation des producteurs sur les méthodes alternatives de lutte contre les ravageurs de cultures (production et utilisation de bio pesticides). Aussi, la diffusion de spots télévisuels et radiophoniques sur la gestion sécurisée des pesticides, sans oublier la diffusion de la loi 026 du 15 mai 2017 portant contrôle de la gestion des pesticides, etc.

«Ces efforts sont certes importants, mais force est de reconnaître qu’ils restent insuffisants. Pour parvenir à une gestion rationnelle et sécurisée des pesticides, l’implication des autres acteurs, à savoir des ministères, des organisations de la société civile, en particulier la ligue des consommateurs, organisations paysannes, élus locaux, autorités coutumières et religieuses est indispensable », estime, René Sanou.

Avant de consommer des produits maraîchers et certaines feuilles de la saison agricole, il faut s’assurer que le produit a été traité avec un pesticide autorisé et le délai avant-récolte (DAR) indiqué par le fabriquant et qui figure sur l’étiquette du pesticide a été respecté par le producteur. Pour cela, il suffit de lui demander quand il a traité pour la dernière fois. Et quel est le DAR du pesticide utilisé ?

«Il faut se méfier des produits qui sont récemment traités, car même lavés, vous ne pourrez pas éliminer les résidus toxiques qui se trouvent à l’intérieur des produits. De préférence, il faut choisir les produits traités avec les bio pesticides qui sont plus sains », ajoute-t-il.

Selon les résultats d’une étude, les pays en développement utilisent environ 25% des pesticides dans le monde, mais jusqu’à 99% des décès dans lesdits pays sont liés à ces pesticides.

Aly Tinto (Stagiaire)

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