vendredi 5 juin 2020

Point de presse du CFOP : L’opposition politique invite l’Etat à mettre en place un observatoire national des libertés religieuses

opposanAu cours de son hebdomadaire face-à-face avec la presse nationale ce 18 février, animé par Jean Hubert Bazié de la Convergence de l’Espoir et Adama Séré du Rassemblement des écologistes du Burkina Faso (RDEBF), l’opposition politique s’est prononcée sur plusieurs sujets d’actualité. Ce sont, entre autres, le massacre de fidèles chrétiens dans le Yagha, le processus de réconciliation nationale, la délivrance de CNIB par des personnes privées, la politisation d’institutions telles le Médiateur du Faso ainsi que la récente condamnation de bloggeurs par la justice.

Le dimanche 16 février 2020, un groupe armé terroriste a fait irruption dans le village de Pansi, province du Yagha, où il a tué 24 civils et blessé 18 autres. Tout en compatissant à la douleur des familles éplorées par ce nouveau massacre de civils, l’opposition politique a réaffirmé la nécessité pour l’Etat non seulement de sécuriser les lieux de culte et les autres lieux de rassemblement, mais aussi de créer un observatoire national des libertés religieuses dont la mission sera de veiller à ce que les « fous de Dieu » n’usent pas de manipulation pour créer un affrontement religieux.

Abordant l’épineuse question de la réconciliation nationale, le CFOP s’est réjoui que les lignes bougent en matière de conclusions du dialogue politique. En effet, suite à l’invite faite par le ministre de l’Administration territoriale au chef de file de l’opposition, la réflexion a été menée sur la réconciliation nationale et des propositions seront très bientôt faites à ce sujet. L’opposition espère que les discussions, qu’elle souhaite larges et inclusives, permettront aux « filles et fils du Burkina de se parler, de se dire des vérités, de se réconcilier véritablement et d’unir leurs forces pour relever les défis que doit relever notre nation ».

Pour le CFOP, un responsable d’institution à l’image du Médiateur du Faso ne saurait être un acteur partisan du jeu politique. Il partage donc pleinement l’avis du Pr Etienne Traoré, président du parti Burkina Yirwa, qui, dans une récente lettre ouverte au président du Faso, a fait remarquer l’immixtion de l’actuel Médiateur du Faso, Saran Séré, dans les affaires politiques. Celui-ci, dans sa correspondance, a invité le chef de l’Etat à rappeler « l’ombudsman » burkinabè à l’ordre, eu égard à son activisme politique qui est contraire à son statut et ne respecte pas les textes en vigueur.

Se prononçant sur les campagnes de délivrance de CNIB qui ont lieu actuellement en même temps que la campagne d’enrôlement de la CENI, le CFOP rappelle que « délivrer des CNIB aux populations est un devoir pour l’Etat, et les Burkinabè doivent être égaux dans l’obtention des CNIB ». Ce n’est donc pas, de l’avis de l’opposition politique, aux « responsables du MPP ou leurs alliés du monde des affaires de financer bruyamment et en toute impunité des distributions de CNIB dans les provinces ».

Naïm Touré, Aminata Rachow et Lahousséni Tahar Ouédraogo, tous des bloggeurs, ont été condamnés le vendredi 14 février par le Tribunal de grande instance de Ouagadougou pour diffamation et injures publiques contre Barakissa Ouédraogo, députée et cadre du MPP, chargée de mission à la présidence du Faso au moment des faits. Une décision judiciaire que l’opposition politique ne remet pas en cause, même si elle souligne que les trois blogueurs « contribuent immensément à la lutte contre la corruption et la mauvaise gouvernance, érigées en sport favori par des hommes du pouvoir ». L’opposition ajoute que plusieurs dossiers sont pendants en justice et que le peuple burkinabè souhaiterait qu’ils soient tra   ités avec la même diligence que celui de ces trois activistes.

Les conférenciers du jour ont tenu à opposer un démenti à l’information selon laquelle le président du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), Eddie Komboïgo, se serait opposé à l’adhésion du parti « Agir Ensemble pour le Burkina Faso », qui soutient la candidature de Kadré Désiré Ouédraogo, au cadre de concertation du CFOP. « Non seulement le président n’était pas à la réunion, mais son représentant n’a pas manifesté un refus que soit admis ce nouveau parti qui est désormais membre du cadre de concertation du CFOP », ont-ils affirmé.

Armelle Ouédraogo


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