samedi 22 juin 2024

Appel à la trêve sociale du président du Faso : Le SYNTSHA crie au dilatoire

syntsha uneAprès six mois d’attente de dialogue avec le gouvernement, le Syndicat des travailleurs de la santé humaine et animale (SYNTSHA) trouve que le dialogue social auquel a appelé le président du Faso dans son discours à l’occasion du Nouvel An n’est qu’un slogan de circonstance. Par ailleurs, il prévient que le gouvernement portera seul l’entière responsabilité des conséquences du blocage actuel du traitement de sa plateforme revendicative.

« Opérations caisses vides », c’est ce que pourraient constater de nouveau les Burkinabè les semaines à venir dans les centres de santé publics si une oreille attentive n’est pas prêtée à la plateforme revendicative du Syndicat des travailleurs de la santé humaine et animale (SYNTSHA). De l’avis dudit syndicat, les engagements relatifs à l’amélioration de leurs conditions de travail pris par le gouvernement n’ont pas été tenus. Et de préciser que la plupart des formations sanitaires et vétérinaires ne disposent pas du minimum pour accomplir convenablement leurs missions. A titre d’exemple, les agents de santé ont fait cas de la fermeture du service de chirurgie viscérale du Centre hospitalier universitaire Yalgado-Ouédraogo depuis un an et des ruptures quasi permanentes de stock de médicaments et de matériel. Une situation de nature à compromettre dangereusement la mise en œuvre de la mesure de gratuité des soins des femmes enceintes et des enfants de moins de cinq ans.

En outre, le SYNTSHA dépeint un sombre tableau de la gestion des services de santé en mettant à l’index le manque de volonté politique dans la lutte contre la corruption et l’impunité dans ce milieu. L’organisation syndicale note aussi qu’outre le fait que le personnel est déficitaire, la situation risque  d’empirer avec le contingentement de l’accès à la fonction publique cette année. « Le dialogue tant prôné par le pouvoir en place n'est en réalité que de la poudre aux yeux pour mieux bafouer nos droits les plus élémentaires. Car six mois se sont écoulés sans aucun dialogue avec la partie gouvernementale. Pourtant, nous avons exhorté le gouvernement, depuis le 11 juillet 2018,  à respecter l’invitation des syndicats à aller à la table de négociation», explique Pissyamba Ouédraogo, Secrétaire général du SYNTSHA. Pour ce dernier, sans conditions minimales de travail, la mesure de gratuité des soins pour les femmes en cours et celles annoncées  pour les services de planification familiale ne peuvent avoir les effets escomptés.

syntsha 2A propos de la question de la corruption, cette pratique peu honorable pour laquelle le secteur de la santé a été épinglé dans le dernier rapport du REN-LAC, le SG Ouédraogo martèle : «  Nous sommes bien conscients de cette situation qui, d’ailleurs, prévaut dans les autres secteurs. Nous avons même participé à l’enquête, les résultats nous ont fait froid dans le dos. Etant membre fondateur du Réseau national de lutte anti-corruption (REN- LAC), nous travaillons afin que les responsabilités soient situées et que les coupables soient punis ».

Sur les questions relatives aux carrières et rémunérations, les conférenciers du jour constatent que les engagements pris par le gouvernement dans le protocole d’accord de mars 2017 ont été remis en cause. En tout état de cause, pour Pissyamba Ouédraogo et ses camarades, le SYNTSHA ayant « suffisamment patienté », il prendra ses responsabilités en adaptant ses luttes à l’évolution de la situation car, dit-il, il refuse d’être complice de l’indifférence des autorités face à l’état chaotique des services sanitaires et vétérinaires.

Saâhar-Iyaon Christian Somé Békuoné

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