samedi 15 juin 2024

Arrondissement 12 de Ouagadougou : Le marché des offrandes

offrandes 1L’usager du boulevard de l’Insurrection populaire peut constater avec aisance la présence des élèves coranique communément appelé « talibés » sur l’espace vide de la SONATUR, situé à proximité du rondpoint de la Patte d’oie. Nous avons fait la découverte de « l’univers » de ce petit marché animé tous les jours de la semaine et particulièrement « bruyant » les vendredis.

 

 « Que Dieu vous bénisse », nous lance un vieux nécessiteux assis, à notre arrivée sur les lieux. Non loin du vieil homme, un enfant d’une dizaine d’année une boite de tomate rouillée en main nous demande l’aumône  avec un regard de désespoir. A quelques mètres de là, deux vendeuses de galettes assises sur des tabourets hèlent des clients. « Monsieur, venez voir !!! » résonne comme un écho. Un véhicule vient de stationner. Un groupe de « talibés » tout de blanc vêtus encerclent la voiture. Après une âpre bousculade, l’un d’eux s’en tire avec la poule constituant l’offrande du conducteur...

Cette scène se déroulant dans l’arrondissement 12, aux abords du Boulevard de l’Insurrection populaire des 30 et 31 octobre est devenue banale aux yeux des populations dont l’habitat ou les étables jouxtent le « marché des offrandes ». Cet espace accueille chaque jour des centaines de personnes : des nécessiteux, des vendeuses et des donateurs. Des galettes, du petit mil, du lait, des œufs, des poules  sont notamment les biens distribués.

offrandes 2

Un riverain ayant requis l’anonymat soutient que la situation profite à plusieurs personnes. C’est pourquoi, il est difficile d’y mettre un terme. « Tous les jours il y a des courses poursuites entre ces gens et la police mais ils reviennent » a-t-il indiqué. « Ce sont ceux qui ont les moyens qui viennent faire les dons » a-t-il ajouté.  

Parmi les talibés, il y a ceux qui ont intérêt à ce que la situation perdure. « Vous voyez, certains ont des « vetos », les plus petits n’ont pas la possibilité de vendre leur butins » a par ailleurs indiqué notre interlocuteur.

Puis après quelques minutes d’attente, nous constatons  un attroupement à nouveau. Dès notre arrivé la foule se disperse laissant un talibé de dix ans seul qui marmonne. « Les gaillards sont venus me forcer et ont acheté mon coq au prix de six cent (600) francs CFA ». Les « profiteurs » du marché des offrandes ont intérêt à ce que la situation se perpétue.

Pire, un commerce atypique se développe sur le site. Des femmes rachètent les dons,  soit pour les revendre soit pour les transformer.

Pour rien au monde ces femmes ne sont disposées à quitter ces lieux. « Tous les jours la police nous pourchasse, mais nous revenons. Tant qu’on ne va pas nous trouver un autre lieu nous allons revenir. Parmi nous, il y a des veuves qui viennent vendre ici pour nourrir des familles et payer les frais des scolarités des enfants. Nous revenons, parce que c’est une question de survie pour nous » a confié une vendeuse.

 

Marou SAWADOGO

 

Comments (0)

There are no comments posted here yet

Leave your comments

  1. Posting comment as a guest.
Attachments (0 / 3)
Share Your Location
  1. Les Plus Récents
  2. Les Plus Populaires
  1. Articles vedettes