vendredi 24 mai 2024

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Insurrection populaire 2014 : Quid de l’indemnisation des blessés et de la justice pour toutes les victimes environ une décennie après ?

insurr uneLe président de la Transition, chef de l’Etat, le capitaine Ibrahim Traoré, a présidé ce jour mardi 31 octobre 2023, au monument des Héros nationaux à Ouaga 2000, la cérémonie d’hommage aux fils et aux filles de la nation tombés pour la patrie lors de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 et du putsch manqué du 16 septembre 2015. Etaient présents à cette commémoration certains membres de l’actuel gouvernement.

 

Parents et amis de victimes, associations des victimes et autres mouvements/associations étaient nombreux à venir rendre hommage aux victimes de l’insurrection de 2014 et du coup d’Etat manqué de 2015.

Après le retentissement de la sirène à 10 heures symbolisant l'heure à laquelle est tombée la première victime de l'insurrection populaire, suivi d’une minute de silence, le chef de l’Etat a procédé au dépôt d’une gerbe de fleurs à la mémoire de ces martyrs tombés pour la nation.

Les blessés de l’insurrection, par la voix d’Issouf Nacanabo, l’un des leurs, ont prié le capitaine Ibrahim Traoré de se pencher sur leurs dossiers respectifs en ces termes : « Notre appel aux autorités de la transition, c’est de porter un regard sur le processus d’indemnisation des victimes de l’insurrection parce qu’ils ont des soucis ».

insurr 2De ses explications il ressort que les victimes devraient soumettre au comité chargé de l’indemnisation un certain nombre de documents.

« Certains ont dû s’endetter pour pouvoir établir ces documents », selon lui. « Il faut que ce comité fasse tout pour passer à l’indemnisation et s’il y a des raisons qui l’en empêchent, qu’il s’explique », a-t-il martelé.

Les parents de victimes, eux, attendent toujours que justice soit faite. Seydou Belem, parent de victime, réclame en premier lieu la justice sur tout ce qui s’est passé, même s’il reconnaît qu’il est impossible de ramener à la vie une personne morte. « Il y a eu des morts et des blessés. La première réclamation, c’est donc la justice, pour savoir ce qui s’est réellement passé. C’est vrai qu’on ne peut pas ramener à la vie une personne décédée, mais il faut faire en sorte que les parents puissent savoir la vérité », a-t-il indiqué. Selon lui, à ce jour, il n’y a aucune avancée dans le traitement des dossiers. « Il semble que c’est la Haute Cour de justice qui traite ce type de dossiers. Depuis 2018, jusqu’à l’heure où je vous parle, le dossier, à notre sens, n’a pas bougé parce qu’on nous avait convoqués pour comprendre ce qui s’était passé. Les parents sont allés expliquer ce qu’ils savaient mais jusqu’à présent, on attend toujours que la justice soit faite pour pouvoir faire le deuil de nos disparus », a-t-il déclaré.

insurr3Il ajoute que cette commémoration est une reconnaissance que des gens se sont battus pour la liberté et la démocratie dans notre pays.

À la question de savoir si ces valeurs pour lesquelles ces personnes ont perdu la vie en 2014 sont d’actualité au Burkina, il répond : « Il est difficile de porter un jugement au regard du contexte sécuritaire. Même si nous avons perdu nos parents, il y a des gens qui continuent de faire l’effort de défendre l’intégrité du territoire national. Tout n’est pas rose comme on le souhaite, mais des efforts sont faits ».

Alpha, un autre parent de victime, confie avoir perdu sa femme lors de l’insurrection de 2014. Il explique que le coup est très dur. « C’est la descente aux enfers. L’Etat n’a rien fait pour nous jusqu’à présent », a-t-il déploré.

Il y a une avancée globale dans le traitement des dossiers des victimes, selon le président des parents de victimes. P. K. Victor Pouahoulabou, président des parents des personnes décédées de l’insurrection populaire, soutient, contrairement aux autres, en ce qui concerne l’état des dossiers des victimes, qu’il y a une avancée globale.

« Courant 2019-2020, sous le régime du président Roch Marc Christian Kaboré, nous avons évalué les blessés qui étaient toujours en situation d’urgence. Ceux qui nécessitaient des opérations ont été opérés », informe-t-il. « Malheureusement, beaucoup rechutent aujourd’hui et il n’y a pas de service technique vers qui ces derniers peuvent se tourner pour se faire prendre en charge », a-t-il déploré. C’est pour cela que « nous avons lancé un appel au chef de l’État à se saisir de la question et à la gérer une fois pour toutes ».

insurr4À l’en croire, il y a même une personne qui vit toujours avec une balle logée entre ses poumons et l’opération est très risquée. « Cela nécessite que l’intéressé soit pris en charge continuellement jusqu’à la fin de ses jours parce que c’est une opération qui ne peut pas se réaliser facilement. »

Sur la question de l’indemnisation, « un comité interministériel a été mis en place par la transition. Nous demandons au chef de l’État de donner au moins des instructions, pour que d'ici à la fin de l’année 2023, les blessés soient indemnisés et que les familles puissent faire définitivement leur deuil », a-t-il souhaité.

Rappelons que les personnes mortes lors de l’insurrection populaire de 2014 sont au nombre de 28 et que celles du putsch manqué de 2015 se chiffrent à 14.

Flora Sanou

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