vendredi 3 février 2023

Coopération-Burkina : « La France doit partir ou pas, est-ce pour autant qu’il faut faire rentrer la Russie ?» (Andrien Poussou, ancien ministre centrafricain de la Communication)

dedic une"L'Afrique n'a pas besoin de Poutine : contre le 'poutinisme', un poison pour le continent''. Tel est le titre de l’œuvre d’Adrien Poussou, ancien ministre de la Communication et de la Réconciliation nationale en République centrafricaine, expert en géopolitique, éditeur et patron de média. Il a présenté l’œuvre ce 30 novembre 2022 à Ouagadougou. L'auteur y dénonce à la fois la dangerosité et la vacuité de la stratégie militariste de Poutine sur le continent ainsi que la tendance des Africains à se mêler des querelles de circonstances de certains acteurs occidentaux. Dans l'intervalle, il dresse un véritable réquisitoire contre l'incapacité de Paris à changer son logiciel sur l'Afrique, resté figé dans les rapports fixés par le Code noir : de maîtres à esclaves.

Le choix du Burkina pour la présentation de cet ouvrage pour la toute première fois s’explique d’abord par le fait que des Burkinabè ont versé leur sang en 1997 pour que la paix et la stabilité reviennent en République centrafricaine, selon l’auteur.

Ensuite, il dit être panafricaniste convaincu, croit sincèrement en l’unité africaine et se réclame de Thomas Sankara. Enfin, la troisième raison est subjective car c’est une manière pour lui d’aider le capitaine Ibrahim Traoré à réussir sa mission afin qu’on puisse reconnaître qu’en Afrique, les jeunes peuvent être compétents et réussir là où les vieux ont échoué.

L’un des sujets de l’ouvrage est la dénonciation des méthodes Poutine car l’Afrique occupe une place de choix dans la stratégie de la nouvelle Russie, explique l’auteur.

En effet, celui-ci pense que c’est pour les ressources de l’Afrique que Vladimir Poutine veut coopérer avec les Etats africains.  « La France doit partir ou pas, est-ce pour autant qu’il faut faire venir la Russie ? » s’interroge-t-il.

Selon lui, ceux qui demandent à la France de partir voudraient que la Russie la remplace mais la substitution des allégeances ne pourra pas changer les problèmes que nous avons sur le continent.

dedic 2Or, « nous sommes encore trop nombreux en Afrique à donner foi aux balivernes de ceux qui prétendent nous libérer du joug néocolonial alors que ces supposés libérateurs cherchent eux aussi à nous dominer », a-t-il déploré. La seule manière pour le Burkina de réussir cette lutte contre le terrorisme donc, c’est de compter sur ses propres forces au lieu de faire appel à une puissance étrangère, a-t-il déclaré. Car, « nulle ne vient relever une nation qui s’abandonne si ce n’est de la mettre à son service », a-t-il ajouté, citant Michel Joubert.

Disant être un homme averti sur le partenariat russe en fonction des expériences de son pays, Adrien Poussou entend tirer la sonnette d’alarme car, fait-il remarquer, « entre le chien qui a vu le lion et celui qui ne l’a pas vu, il y a une différence dans leur manière de courir ».

Ces mercenaires russes ne sont pas la solution, dit-il, et c’est pourquoi « il faut que les autorités burkinabè prennent toute la mesure de ce danger et qu’elles y mettent un terme » car ce n’est pas à Paris, ni à Moscou encore moins à Washington de ramener la sécurité au Burkina.

L’autre sujet abordé est « la Constitution ici et maintenant de l’Etat fédéral panafricain ».

Le dernier chapitre du livre, intitulé « Le temps est venu de changer radicalement » y est consacré. Dans ce chapitre, on peut lire : « Voici donc venu le temps des actions pour une Afrique unie et prospère. Voici venu le temps des bâtisseurs. Voici venu le temps des grandes réalisations qui changeront la vie de tous les jours des populations africaines.

Voici venu le temps des pionniers de l’avancée économique, scientifique, technologique, culturelle du continent à la suite repensée de la philosophie sociale des pères du panafricanisme. Voici venu le temps de l’action par l’intégration africaine.

Le temps pour mettre en œuvre la véritable unité africaine dans une démarche déterminée, irréversible, vers l'instauration de l'État fédéral panafricain.

Voici venue la séquence des dirigeants clairement au fait des enjeux d'un monde devenu global et qui croient fermement que la construction de l'État fédéral panafricain est une question de survie pour les populations africaines.

Voici venus pour nous, citoyens africains, d'ici et d'ailleurs (les dirigeants politiques en tête), le temps et la responsabilité de verser au débat et à l'action nos idées, nos convictions, nos moyens et notre adhésion totale aux valeurs d'entraide ainsi que de solidarité…

Voici venu enfin, et plus que jamais, le temps des dirigeants rassembleurs, intègres, imaginatifs, conscients de la nécessité de bâtir un continent économiquement fort, socialement solidaire et ouvert sur le monde ».

Par ailleurs, « il faut qu’on soit prêt à se sacrifier pour que les choses changent », a insisté Adrien Poussou.

Flora Sanou

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