vendredi 7 octobre 2022

Lutte contre le paludisme : Les recherches pour le vaccin vont bon train

mmmoustikLes choses avancent dans le domaine de la lutte contre le paludisme, cette maladie qui tue plus que n’importe quelle autre au Burkina Faso. Pour mieux organiser les efforts de lutte contre la maladie, l’Etat Burkinabè a mis en place le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP) et plusieurs centres de recherche sur le paludisme. Radars Info Burkina s’est entretenu avec le Dr Ambroise Ouédraogo du PLNP au sujet de cette pandémie au Burkina Faso.

La mission du PNLP est de mettre en œuvre la Politique de lutte contre le paludisme au Burkina Faso. Dans sa vision, le PNLP travaille en synergie avec l'ensemble des secteurs afin de trouver un remède à cette pandémie qui freine le développement socio-économique du pays. Selon le Dr Ambroise Ouédraogo, le PNLP se charge de la mise œuvre de la politique de lutte contre le paludisme et d’apporter le matériel nécessaire aux structures sanitaires dans leurs actions de lutte contre la maladie.

Quelles sont les principales données en matière de paludisme au Burkina Faso ?

Le paludisme constitue la première cause de consultation, d’hospitalisation et de décès. Et en 2021, chaque jour ce sont en moyenne 12 personnes qui mouraient à Ouagadougou de cette maladie transmise par l’anophèle. Parmi les 11 pays les plus touchés, le Burkina Faso est classé 3e en termes de charge élevée de paludisme. Il faut aussi souligner que ce sont les cas de paludisme grave qui décèdent avec une forte proportion chez les enfants de moins de 5 ans. Si l’on considère par exemple 2021, les cas de paludisme grave enregistrés chez les adultes étaient de 605 504 et de 220 885 chez les enfants de moins de 5 ans, c’est-à-dire plus de 2 fois chez les adultes que chez les enfants. Cependant au niveau des décès, les proportions se sont inversées. En effet, sur 4355 cas de décès, 2930 sont des enfants de moins de 5 ans, soit environ 7 enfants sur 10 personnes décédées de paludisme.

Quels sont les moyens que le PNLP utilise dans la lutte contre le paludisme ?

Au nombre des moyens de lutte contre le paludisme, il y a la chimio-prévention du paludisme saisonnier pour les enfants de 3 à 59 mois. Nous faisons également le traitement préventif intermittent pour les femmes enceintes. Il y a aussi la prise en charge des voyageurs qui viennent de pays qui ne sont pas immunisés contre le Paludisme, pour éviter que ces derniers deviennent des cas graves pour eux-mêmes ou même pour la société par une propagation rapide de la maladie. Mais la méthode la plus utilisée, en dehors de la CPS, c’est la distribution de moustiquaires imprégnées à longue durée d’action (MILDA) aux populations. Et pour cette année, il y a eu des innovations majeures à travers les MILDA que le ministère à distribuer aux populations pour prendre en compte les résistances que développent les moustiques par rapport aux MILDA des années précédentes. Il y a aussi les sensibilisations pour demander aux gens d’adopter des comportements écocitoyens autour d’eux afin de mieux se protéger contre le paludisme.

Existe-t-il un vaccin contre la maladie ?

C’est une question qui relève du domaine de la recherche. Au niveau du PNLP, les moyens utilisés sont ceux dont je vous ai parlé un peu plus haut. Néanmoins on peut dire que les recherches vont bon train sur ce volet.

Quels sont les défis qui demeurent en matière de lutte contre le paludisme au Burkina Faso ?

D’abord il faut une prise de conscience des populations que la maladie est une entrave à tout. Il n’y a pas que le volet sanitaire qui soit impacté. Lorsque vous êtes un paysan et qu’en période de saison des pluies votre enfant fait la fièvre, vous pouvez hésiter les premiers moments à l’amener dans un centre de santé. Mais si la situation continue, vous serez obligé de l’amener à un moment donné. Et c’est votre temps et vos ressources que vous allez déployer pour les soins. Mais parallèlement, l’Etat et ses partenaires aussi emploient d’énormes ressources aussi bien matérielles, financières que humaines dans la lutte contre cette maladie. Tout cela met la société en retard. Donc je dirai que si nous prenons conscience de tout cela et que nous reconnaissons qu’il y a des pays qui ne connaissent pas le paludisme, c’est déjà un grand pas en avant. Sinon rien que dans les quartiers de Ouagadougou, dans les caniveaux et les devantures des habitations, vous comprendrez que le manque à gagner est énorme. Mais chacun peut mettre des habitudes de propreté autour de lui, pour contribuer à la lutte contre cette maladie.

Propos recueillis par Etienne Lankoandé

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