dimanche 12 juillet 2020

Port obligatoire du masque au Burkina : Une mesure qui fait des sceptiques

bav uneA partir du lundi 27 avril 2020, le port du masque sera obligatoire sur toute l’étendue du territoire burkinabè. Ainsi en a, en tout cas, décidé le Conseil des ministres  en sa séance du 16 avril 2020. Plus d’un mois après la confirmation des premiers cas, pourquoi avoir mis tant de temps à prendre une telle décision ? Des analystes s’interrogent surtout sur la mise en œuvre de cette mesure gouvernementale.

Le port du masque permet de réduire considérablement les concentrations aéroportées de différents types de virus, notamment le coronavirus, selon de récentes études de l’équipe de Don Milton de l’Université de Maryland. Un avantage certain d’autant plus que de nombreuses personnes infectées sont asymptomatiques. Cette thèse est plus ou moins corroborée par le Dr Kader Koné, médecin chef du Centre national de transfusion sanguine (CNTS). « Scientifiquement, il n’y a pas de doute que cela pourrait contribuer à stopper l’évolution de la pandémie. Espérons que ce ne soit pas, comme on le dit, le médecin après la mort », a-t-il soulevé. C’est sans doute ce qui a motivé le gouvernement burkinabè à opter pour le port systématique du masque à partir du lundi 27 avril 2020. Au début de la pandémie, le coordinateur national du plan de riposte, le Pr Martial Ouédraogo, déclarait que le port du masque n’était pas nécessaire et que seules les personnes déjà infectées devaient en porter. bav 2Et c’est cela qu’ont retenu la plupart des citoyens. « Au début, on nous a dit que seuls les malades ou les personnes suspectées d’être malades devaient porter un masque. Même si la mesure semble un peu tardive, vu l’évolution de la situation sanitaire, je pense que c’était nécessaire », a affirmé Agathe Nanga, trésorière de l’association DIAFASO. Elle espère que cette mesure contribuera à stopper la propagation du virus. De l’avis du journaliste culturel et directeur de publication du magazine « Africa Stars », Tibiafouba Madiéga, cette mesure sera difficile à appliquer. En effet, il s’interroge sur la faisabilité de l’imposition du port du masque sans douter de son efficacité dans la maîtrise de la propagation du virus. « Est-ce que les masques seront distribués gratuitement à la population ? Le gouvernement a-t-il pensé aux personnes qui ont des difficultés respiratoires ? Que dire des personnes qui vivent dans les zones non loties et les villages ? » s’est-il interrogé. Pour lui, une chose est de prendre des décisions et une autre est de penser à son application tout en ne perdant pas de vue le contexte du Burkina Faso.

Du reste, le ministre de la Communication, Remis Fulgance Dandjinou, lors de son point sur le Conseil des ministres du mercredi 22 avril 2020, a plus ou moins répondu aux inquiétudes de M. Madiéga. M. Dandjinou a indiqué qu’une production locale à grande échelle de masques de protection était  en cours. « Il ne s’agira pas de les distribuer à la population gracieusement. Chacun pourra se les procurer à 300 francs l’unité au maximum », a-t-il dit. Cependant, ils seront distribués gracieusement dans les écoles.

 Obissa

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