Nouvelle facturation de l’ONEA : « Ce que souhaite la population, c’est la diminution du coût du m3 en lieu et place des réformes sur le papier » (Bargo Paul-Marie)

ture une« L’eau, c’est la vie », a-t-on coutume de dire. Ces derniers jours, on a constaté une multiplication des rencontres et conférences sur un même sujet : le changement du mode de facturation de l’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEA). Objectif : faire la lumière sur cette nouvelle méthode de facturation. Radar Info Burkina a recueilli l’avis de quelques ménages de la ville de Ouagadougou sur la question.

« Le problème de l’ONEA, c’est sa communication. » C’est en ces termes que nous accueille Hamed Badini, résident du quartier Dassasgho, à propos des plaintes consécutives au système de facturation bimestriel de la nationale de l’eau du Burkina. Ledit système a suscité une levée de boucliers de nombreux abonnés de cette société d’Etat qui ne comprennent pas son fonctionnement. Accusations, injures et menaces de ces mécontents ont poussé la nationale de l’eau à réagir en tenant, dans un premier temps, un atelier à Koudougou afin d’en faire le bilan et d’adopter de nouvelles perspectives pour la satisfaction de sa clientèle. S’est ensuivie une conférence de presse à Ouagadougou pour faire la lumière sur les réformes engagées. En dépit de tout cela, des incompréhensions subsistent chez nombre d’abonnés. « Les réformes engagées restent floues. Jusque-là, les différentes sorties des responsables de l’ONEA ne me rassurent guère sur la fiabilité de réformes », clame Paul-Marie Bargo, résident de la zone 1, avant d’ajouter : « C’est le terrain qui aura raison, donc on attend de voir ».

ture 2Dans la même veine, Awa Bamogo se pose des questions sur la différence entre la nouvelle facturation et l’ancienne, laquelle est d’ailleurs toujours en vigueur, il faut le rappeler. « Cette nouvelle facturation est quasiment la même que celle en cours ; je ne vois pas de différence qui puisse nous faire avaler la pilule de ces derniers mois », souligne-t-elle.

A propos de la facturation, le directeur général de l’ONEA a été clair lors de l’atelier tenu à Koudougou « Nous allons relever l’index une fois tous les deux mois, diviser cette consommation par deux et appliquer le tarif en cours ». Mais de l’avis de Paul-Marie Bargo, plutôt que d’une réforme, la population a besoin de la réduction du prix du m3 pour alléger la souffrance des ménages. « L’eau, c’est la vie ; pourquoi la vendre assez chère et créer une polémique sur la question ? Nous souhaitons juste qu’on diminue le coût de l’eau », plaide-t-il.

Cette confusion contribue à écorner l’image de la nationale de l’eau. Faut-il le rappeler, la situation sécuritaire combinée à celle sanitaire mondiale oblige les sociétés à revoir leurs cahiers des charges. La Ligue des consommateurs du Burkina (LCB), invitée à l’atelier tenu à Koudougou, quant à elle, dit attendre de voir les éventuels changements sur la facturation. « Nous étions présents à l’atelier tenu à Koudougou les 14 et 15 avril derniers, où des recommandations ont été faites. Avec l’adoption en Conseil des ministres des réformes, on attend de voir ce que cela va donner sur le terrain », affirme son représentant.

En rappel, les nouvelles réformes sur la facturation ont été adoptées en Conseil des ministres le mercredi 21 avril 2021. Elles prévoient, entre autres, le passage une fois tous les deux mois des agents pour relever l’index. La facture sur deux mois sera divisée par deux : une première tranche sera à payer le mois en cours et l’autre le mois suivant. Sont aussi supprimées les estimations.

Sié Mathias Kam (stagiaire)