lundi 4 juillet 2022

04 août 1983 : la première révolution burkinabè ou la rupture avec le passé colonial

72368162 004 août 1983-04 août 2018. Il y a de cela trente-cinq ans, le Burkina Faso connaissait sa première révolution sous l’égide du capitaine Noël Isidore Thomas SANKARA. En effet,  dans la nuit du 04 août 1983, un groupe d’officiers en complicité avec une frange de la population, s’emparait du pouvoir d’Etat jusque-là, entre les mains du commandant Jean Baptiste OUEDRAOGO.  Avec  le Conseil national de la Révolution (CNR) comme organe dirigeant, Thomas SANKARA, anti-impérialiste aura tout au long des quatre années qu’a duré son pouvoir, opéré la rupture avec l’occident et cultiver au sein des voltaïques des valeurs d’intégrité, de probité et d’amour du travail ainsi que de la valorisation et du développement de l’Homme noir par l’Homme noir, basé sur ses ressources propres et ses potentialités.

 

thomas sankara citationIl y a trente-cinq (35) ans, le capitaine Noël Isidore Thomas SANKARA proclamait la « Révolution démocratique et populaire » dans l’ancienne Haute-Volta, aujourd’hui Burkina Faso. Cette révolution n’était que l’aboutissement d’une insurrection enclenchée le 17 mai 1983. « Aujourd’hui 4 août 1983, des sous-officiers, officiers et hommes du rang ont décidé de prendre le pouvoir… le Conseil national de la Révolution (CNR) assume désormais le pouvoir d’Etat  », déclarait le capitaine anti-impérialiste.

L’objectif majeur qui animait le président du CNR, était « la défense des intérêts du peuple, la réalisation de ses profondes aspirations à la liberté, à l'indépendance véritable et au progrès économique et social ». En effet, des dizaines d’années après les indépendances des pays africains qui n’avaient pas pu libérer et rendre le voltaïque toute sa dignité, Thomas SANKARA estimait qu’il était temps d’opérer radicalement une rupture. Laquelle rupture devrait permettre au peuple voltaïque d’être véritablement indépendant, de profiter de ses propres richesses et de se construire par lui-même et avec lui-même, sans tendre la main aux Blancs. La révolution d’août 1984 a donc eu pour principal défis d’oser réinventer un avenir pour le peuple burkinabè, basé sur ses propres potentialités et d’oser défier l’impérialisme en rejetant l'idéologie de soumission, de mendicité, d'attentisme et de fatalité comme moyen de développement et de bonheur des peuples. En effet, en quatre années de révolution, le capitaine Thomas SANKARA s’est résolument engagé à construire et développer son pays en se fondant sur des valeurs d'intégrité et de dignité dans le travail libérateur.

Thomas SankaraUn an après sa prise de pouvoir, c'est-à-dire le 4 août 1984, Thom Sank fêtait le baptême de la Haute-Volta en Burkina Faso. En effet, en vertu d’une ordonnance du 2 août 1984, le capitaine Thomas Sankara, désireux de faire définitivement table rase du « passé réactionnaire et néocolonial », rebaptisait la Haute-Volta en République démocratique et populaire du Burkina Faso ( Bourkina Fâso  selon son orthographe originelle). Le premier mot signifie « homme intègre » en langue mooré et le second « terre natale » en dioula, soit « le pays des hommes intègres ». Le drapeau de l’ancienne Haute-Volta, composé de trois bandes noire, blanche et rouge, est aussi remplacé. Le nouvel étendard national est désormais composé de deux bandes horizontales rouge et verte, frappées d’une étoile jaune à cinq branches. Le tout représentant respectivement les idéaux de révolution, de travail de la terre, et d’espérance. Autre transformation opérée par le président du CNR, c’est le changement de l’hymne national et de la devise du pays. Ainsi, la chanson Volta cédait la place au Ditanyé, ou « chant de la victoire ». La devise nationale, elle, est passée de « Unité-Travail-Justice » à « La patrie ou la mort, nous vaincrons » qui sera par la suite muée en « Unité-Progrès-Justice » par le régime du président Blaise COMPAORE.

Cette audace de rupture et de changement que le président de la révolution burkinabè a eu, fait de lui aujourd’hui, trente-un ans après sa disparition et la fin de la révolution, un mythe mais aussi et surtout une légende adulée bien au delà des frontières de l’ancien berceau de la révolution sankariste. Il est aussi une référence en matière de vision et de force de propositions pour tous les peuples en lutte pour leur liberté, pour la justice et pour le progrès en tant que socles d'une véritable démocratie. Et en la matière, aujourd’hui, le Rwanda reste l’un des pays africains qui a su user des idéaux du père de la révolution pour se construire.

Le 4 août de chaque année reste donc pour le Pays des Hommes Intègres, le rappel de deux évènements historiques inoubliables. Il s’agit de l’arrivée au pouvoir du Président révolutionnaire Noël Isidore Thomas Sankara, une des figures emblématique du pays et la boussole de la jeunesse burkinabè et africaine et de l’avènement de la première  Révolution.

 

Candys Solange PILABRE/ YARO

 

 

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