coup uneLa Coupe d’Afrique des Nations 2019 se jouera du 21 juin au 19 juillet prochain en Egypte. A quelques heures du coup d’envoi de cette grand-messe du football, nous avons rencontré Salif Guigma, journaliste sportif, pour savoir quels sont les favoris, les outsiders et les équipes à surveiller de près à cette biennale africaine du ballon rond. Il ressort de ses analyses quatre pays favoris, quatre équipes considérées comme outsiders et trois pays à surveiller de près. Et notre analyste considère le groupe D, composé du Maroc, de la Côte d’Ivoire, de l’Afrique du Sud et de la Namibie, comme la poule de la mort.

«Nous sommes à quelques heures de cette compétition majeure du continent africain en matière sportive. Cette 32e édition est un rendez-vous spécial du fait du passage du format de 16 équipes à 24. Ça va être de l’échauffement aux premiers matchs ; c’est à partir du deuxième tour que la compétition va vraiment prendre de l’ampleur », fait remarquer d’entrée de jeu Salif Guigma. 

En ce qui concerne les équipes favorites, c’est-à-dire les mieux placées pour brandir le trophée au soir du 19 juillet, il en a cité 4 sur les 24 en compétition. Ce sont par ordre l’Egypte, pays organisateur, le Maroc d’Hervé Renard, le Sénégal de Sadio Mané et enfin le Nigeria d’Obi Mikel.

« Pour moi, l’Egypte est favorite avec un statut 5 étoiles.  D’abord c’est l’équipe qui a le plus soulevé ce trophée : sept fois précisément. Ce qui fait de l’Egypte un adversaire assez sérieux pour les autres équipes. Ensuite en termes de participation aux phases finales, le pays des pharaons bat également le record à ce niveau : 22 participations sur 32 éditions, c’est énorme. En outre, les pharaons vont aborder la compétition avec un statut de vice-champion lors de la CAN 2017. C’est dire que cette équipe a de l’expérience en matière de gestion de match et de gestion de compétitions. Enfin,  le troisième facteur  qui est le plus important est que les pharaons  jouent  chez eux. Le public égyptien est réputé fan de foot. Donc ce sont plusieurs facteurs qui militent en faveur de l’Egypte », argumente M. Guigma.

Après les pharaons, vient le Maroc. « Ce n’est pas parce que l’équipe est entraînée par Hervé Renard. Aujourd’hui quand j’écoute certains techniciens du foot et observateurs avisés ainsi que des techniciens au Maroc, je pense que ce pays a l’une des équipes les plus solides. C’est l’une des meilleures équipes que le Maroc ait jamais présentée dans l’histoire de son football. Même au moment où cette équipe brillait au niveau continental, elle n’avait jamais autant satisfait les observateurs avisés. Donc c’est une équipe solide avec des joueurs techniques. En plus, bien sûr, c’est un homme spécial qui est à la tête de cette formation sportive, pour avoir remporté avec deux équipes différentes la CAN, à savoir la Côte d’Ivoire et la Zambie. C’est un monsieur qui connaît la compétition, qui sait comment on joue les matchs. En général quand vous avez un très bon technicien, même si les joueurs  sont novices, ça peut payer », dit-il.

Les Lions de la Teranga viennent en troisième position en matière de favoris à cette CAN. «Le Sénégal est également un favori en puissance du fait qu’aujourd’hui les Lions de la Teranga présentent une bonne figure planétaire qui est Sadio Mané. A tout moment, il est dangereux  pour les adversaires. Après, vous avez une équipe aujourd’hui du Sénégal qui peut présenter une   formation de qualité. Elle regorge de jeunes talents. Il n’y a pas un  championnat au monde où parmi les cinq meilleurs  vous n’avez pas au moins un Sénégalais. En plus, le technicien de l’équipe, Aliou Cissé, non seulement connaît le terrain parce qu’il est avec le pays depuis un certain temps, mais aussi a été dans l’équipe nationale en tant que capitaine.  Il a plusieurs atouts que certains techniciens n’ont pas. C’est un technicien, un aîné pour certains, une légende pour d’autres. Ça fait que l’approche est facile.  C’est un facteur qui n’est certes pas   toujours visible en football mais qui compte », affirme le journaliste.

coup2Le Nigeria d’Obi Mikel est cité comme quatrième favori. «C’est vrai, on le dira, il a raté les CAN 2015 et 2017, mais c’est aussi le pays qui a remporté la CAN en 2013 devant le Burkina Faso en Afrique du Sud. C’est un éternel favori, c’est également un réservoir de très bons joueurs. C’est souvent un problème de management qui fait  qu’il n’est pas à tous les rendez-vous mais c’est une équipe solide qui a des joueurs expérimentés, surtout avec  la politique de rajeunissement de cette équipe entreprise par Gernot Rohr qui a su mettre des jeunes comme Obi Mikel, qui a une grande expérience, Amed Moussa et Victor Moses. Ce sont ces trois les « rescapés » de la génération 2010 à 2013. Autour d’eux, il y a des jeunes qui gravitent et qui ont su trouver leurs repères. Pour moi, ça compte énormément», note Salif Guigma.

Les équipes du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, du Ghana et du Mali figurent, quant à elles, au nombre des outsiders. Pour le journaliste sportif, le fait que la Confédération africaine de football (CAF) ait retiré au Cameroun l’organisation de la CAN 2019 a forcément impacté cette équipe. En plus, elle n’est pas au mieux de sa forme, puisqu’elle s’est qualifiée avec difficulté. «C’est vrai que du côté de l’encadrement également, au moment où on avait cette équipe avec le sacre en 2015, il y avait une très bonne organisation du staff, mais il y a eu beaucoup de remplacements, beaucoup de remous. C’est une équipe qui peut surprendre, c’est vrai, mais je la mets au nombre des outsiders », souligne-t-il.  S’agissant de la Côte d’Ivoire, l’équipe connaît une situation de rajeunissement et a une carte à jouer. «Il n’y a plus cette grande défense qui permettait  aux Eléphants  d’évaluer le jeu par moments, on a  plutôt une équipe avec de très bons jeunes comme Pépé et autres qui arrivent mais qui ont besoin d’être ensemble un moment avant de pouvoir s’exprimer ». Le Ghana, quant à lui, connaît des tensions liées à l’organisation du staff technique. Ensuite, il y a cette affaire récente de capitanat entre le jeune Andre Ayew et Asamoah Gyan et qui n’a pas été simple à gérer par l’entraîneur. Je vois quatre  favoris et quatre  outsiders. Le reste, à mon avis, ce sont des équipes à surveiller de près. A ce propos, vous avez en premier lieu la Tunisie, suivie de la RD Congo, qui sort un peu du lot, et enfin la Guinée », précise-t-il.

Quant à la « poule de la mort », c’est, selon lui, « incontestablement le groupe de la poule D », dans lequel figurent le Maroc, la Côte d’Ivoire, l’Afrique du Sud et la Namibie. « C’est le groupe dont il est difficile de sortir deux qualifiés ; si par hasard il y a un meilleur troisième, tant mieux.  Sinon en général, dans ce genre de groupes il n’y a pas beaucoup de points à prendre. Or le meilleur troisième doit avoir au minimum trois points. Le Maroc est un favori, la Côte d’Ivoire et l’Afrique du Sud sont au même niveau, donc c’est difficile », ajoute M. Guigma.

En rappel, le Burkina Faso n’est pas qualifié pour cette CAN, mais sur la liste des 26 arbitres centraux et des 30 arbitres assistants retenus pour la compétition, il ne figure que le nom d’un Burkinabè. Il s’agit de Seydou Tiama, en tant qu’arbitre assistant.  «Je pense qu’il y a des soucis au niveau de l’arbitrage au  Burkina Faso. L’arbitrage souffre ici. A l’époque des frères Paré, c’était la période où on brillait, on avait la possibilité à tout moment de placer un arbitre  dans les grands rendez-vous du football africain, mais depuis la génération des Paré on a maille à partir avec certains. C’est vrai que Juste Ephrem Zio et certains ont émergé du lot à un moment donné, mais  cela n’a pas suffi. Aujourd’hui sur le plan local, des insuffisances sont  constatées.  Je n’en impute pas la responsabilité à la Fédération ou à qui que ce soit, mais le problème aujourd’hui, il faut le poser en amont. Il n’y a pas beaucoup qui viennent à l’arbitrage. Les jeunes qui s’y essaient ne sont pas nombreux. Par conséquent, la relève a du mal à prendre. Outre cela, on a du mal, au niveau de l’organisation, à harmoniser la participation des arbitres. C’est mon constat  et il est personnel», conclut-il.

Il est à retenir l’utilisation, à partir des quarts de finale de cette coupe continentale du foot, de l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR).

Aly Tinto (Stagiaire)

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