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médicament uneLe détournement des malades est un phénomène bien réel au Burkina Faso. En effet, certains agents de santé remplissent leur devoir vis-à-vis de la formation publique qui les emploie avant de se retrouver dans le privé pour vendre leurs services. D’autres, par contre, orientent les malades vers les services privés sous prétexte que la prestation y est disponible dans des délais relativement courts, ce qui encourage ceux qui le peuvent à avoir recours au centre santé privé.

Le détournement des patients du secteur sanitaire public au profit du secteur sanitaire privé est une triste réalité au Burkina. En effet, après quelques consultations dans des centres publics, certains médecins ont tendance à réorienter des patients vers les cliniques où ils exercent également. Plusieurs arguments sont avancés pour convaincre le pauvre malade : « C’est mieux équipé », « les prestations sont disponibles »…Mais cela ne se limite pas à l’auscultation des patients. Le phénomène concerne l’ensemble des fonctions hospitalières de soins de santé : examens d’analyses médicales, examens d’imagerie, médicaments, kinésithérapie, sans oublier l’assistance des patients hospitalisés.

Cette pratique est lourde de conséquences dans la mesure où, du coup, certains disciples d'Hippocrate ne trouvent pas mieux à faire que de déserter quasiment les centres de santé publics aux heures de service pour aller honorer des rendez-vous avec des honoraires exorbitants au détriment des centres publics, où se soigne d'ordinaire le Burkinabè lambda. Dans son étude 2018 sur les présomptions de corruption et pratiques assimilées dans le système et les services de santé au Burkina Faso, le REN-LAC dénonce cette pratique. Selon cette enquête, c’est une pratique qui implique surtout les agents de santé des catégories supérieures.

 En effet, un nombre très limité de patients est reçu par certains spécialistes les jours de leurs consultations dans les hôpitaux où ils sont employés. Les patients que le « temps » du spécialiste ne permet pas de recevoir ce jour reçoivent des rendez-vous de plusieurs semaines, voire des mois, et ce, quel que soit le degré d’urgence qui a motivé la consultation. Selon un usager des CSPS,  « par exemple si tu veux voir un médecin spécialiste et tu pars à Yalgado pour demander un RDV, on te dit de revenir dans deux à trois semaines… Si tu insistes, on te dit, bon, ‘’si tu veux me voir tout de suite, tu viens dans telle clinique''. C'est dire que c’est compliqué, très compliqué ». 

Tout comme lui, Mme T. a aussi fait les frais de cette pratique. « Pendant ma grossesse, je partais en consultation chez un gynécologue dans un centre public. Mais au fur et à mesure que la grossesse avançait, mon gynécologue me donnait rendez-vous dans des centres privés, parce que selon lui, ils sont mieux équipés. Je faisais tous mes examens là-bas et c’était vraiment coûteux ».

médocs 2Cette déplorable situation de nature à éprouver les patients n’enchante aucunement les agents de santé intègres. « Dans les structures publiques, les patients se trouvent souvent devant des agents de santé qui sont aussi promoteurs de centres privés. Donc, le premier rendez-vous va se faire dans le public, mais le reste dans le privé. Vous avez souvent des rendez-vous qu’on vous donne dans les structures publiques à trois mois et on vous dit que vous pouvez retrouver le spécialiste concerné dans telle structure la même semaine. Donc, c’est souvent comme ça qu’on récupère les malades », dénonce un agent de santé.

Seul le citoyen burkinabè, particulièrement les malades pauvres et les travailleurs honnêtes du secteur public sanitaire, paie pour cette démission du gouvernement et la propension au gain facile de promoteurs du secteur sanitaire privé. Au regard de ce constat, il faut des pressions multiples des populations burkinabè et des travailleurs de la santé, afin d’amener le gouvernement à prendre des mesures réglementaires idoines pour des soins de santé de qualité permanents et accessibles aux populations dans les services publics de soins.

Edwige Sanou

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