blessés uneLe présumé cerveau du putsch manqué de septembre 2015, le général Gilbert Diendéré, est à la barre depuis plus d’une semaine. Au fil des jours, il a relaté le contexte qui a conduit au putsch qu’il n’a, selon ses dires, « ni planifié, ni exécuté, ni commandité ». Quels sont les sentiments qui animent les premiers concernés, c'est-à-dire les parents des victimes et les blessés, face aux propos du général ? C’est ce que votre journal  Radars info Burkina (RIB) a voulu savoir en tendant son micro à Paul Ouangrawa, chargé de l’organisation de l’association des blessés du coup d’Etat  de septembre 2015.

 

Radars Info Burkina : Depuis plus d’une semaine, le cerveau présumé du coup d’Etat de septembre 2015 est à la barre. Quel est votre ressenti, en tant que premiers concernés, sur ce qui se dit ?

Paul Ouangrawa : Il est vrai que nous sommes des blessés physiques, mais il faut dire que tout le peuple burkinabè a été blessé par le coup d’Etat. C’est une situation que nous avons tous déplorée, car elle a fait des morts et beaucoup de blessés.  Avant même le début du procès, nous avons noté que les avocats du général Diendéré étaient pressés qu’on y arrive, car ils disaient vouloir faire éclater la vérité. Mais actuellement, nous sommes profondément déçus par ce que nous entendons au procès. Depuis que le général est à la barre, nous avons l’impression qu’il nous ment. C’est vraiment décevant  qu’il ne dise pas la vérité au peuple burkinabè. Il dit qu’il n’a ni planifié ni organisé le coup d’Etat et qu’il l’a seulement assumé. Comment peut-on assumer un coup de force dont on ne connaît pas les auteurs ? C’est insulter la mémoire de ceux qui sont tombés et leur manquer de respect.

RIB : Le général a le sentiment qu’il manque des gens dans le box des accusés, notamment la hiérarchie militaire. Partagez-vous cet avis ?

PO : Nous, partie civile, demandons seulement la vérité. Nous voulons que tous ceux qui sont impliqués dans ces événements soient entendus et que les véritables coupables soient punis à la hauteur de leurs actes. Nous pensons qu’il y a eu au préalable un travail de fond qui a été fait par la justice avec le juge d’instruction et la chambre de contrôle. Et s’ils ont estimé que la hiérarchie militaire n’était pas impliquée, nous nous en tenons à leur décision. Tous savaient en faveur de quel camp était le rapport de force au moment des faits. Au moment du coup d’Etat, il ne pouvait se trouver personne pour faire de la résistance face au général. En toute honnêteté, je pense que la hiérarchie militaire n’était pas d’accord. Sinon, la gendarmerie et la police seraient sorties au moment des faits pour le maintien de l’ordre. Mais ce sont seulement les éléments de l’ex-RSP qu’on apercevait en ville. Mais comme le dossier est en justice, nous pensons que c’est à elle de nous éclairer et de nous dire le degré d’implication de la hiérarchie militaire.

blessés 2RIB : Avant que  la parole ne soit donnée aux avocats de la partie civile, le général a tenu à faire son acte de contrition aux parents des victimes et aux blessés. Avez-vous été sensibles à cette demande de pardon ?

PO : Les propos du général Diendéré m’ont personnellement énervé. Il ne peut pas simplement demander pardon. Avant de demander pardon, il faut dire la vérité aux victimes. Notamment qui a commandité le coup d’Etat, qui a donné l’ordre de frapper des civils et de tirer sur eux. Nous avons besoin de savoir la vérité. Sans ce préalable, nous ne pouvons pas parler de pardon. Il veut nous faire croire à un coup d’Etat fantôme, sans cerveau. Pourtant, nous savons tous qu’il est celui qui a fomenté le coup de force, qu’il l’accepte et l’assume comme tel. Des gens ont été tués par balles, d’autres frappés et blessés, souvent dans leurs domiciles, comme ça a été mon cas, et des biens ont été détruits.

RIB : A la lumière des différentes déclarations des présumés accusés à la barre, nourrissez-vous l’espoir de voir jaillir la vérité à l’issue de ce procès ?

PO : Quelle que soit la durée de la nuit, le jour finit toujours par se lever. Nous avons confiance en la justice burkinabè. Nous pensons qu’à l’allure où vont les choses, nous saurons la vérité. A moins d’un revirement, les juges du tribunal militaire feront triompher la vérité.

Candys Solange Pilabré Yaro, Armelle Ouédraogo  

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