danfani uneLe dan fani, pagne tissé traditionnellement, fait la fierté du Burkina Faso.  Plus que le patriotisme, ce pagne est signe de mode au Burkina Faso. En effet, le textile  burkinabè est apprécié de tous. Elle est bien loin, l’époque où le port de ce pagne était une honte. De nos jours, cela représente un privilège que très peu peuvent s’offrir. Malgré son immersion dans le monde de la mode avec un tapis d’honneur qui lui est déroulé, le chemin du pagne traditionnel burkinabè est quelque peu parsemé d’épines, car le dan fani a aussi son lot de problèmes.

 

L’absence de moyens et d’accompagnement face à la concurrence dans l’industrie textile pèse énormément sur l’accessibilité de cette population majoritairement pauvre au dan Fani.

Quelques années plus tôt, le port du pagne traditionnel  était perçu comme  une honte, voire ridicule, par les Voltaïques, car ces derniers étaient obligés de porter le pagne traditionnel pour aller au service. Mais de nos jours c’est une fierté pour les Burkinabè. Pour paraître beau, élégant et surtout pour montrer son patriotisme, le Burkinabè se met en pagne traditionnel. Cependant compte tenu du revenu moyen du Burkinabè lambda, le port du Faso dan fani semble être un luxe. En effet, très peu de Burkinabè peuvent se l’offrir. «  On est fier de notre pagne national, mais reconnaissons qu’il est cher», confie Mariam Ilboudo.

Pour Ramatou, tisseuse de pagnes, le prix élevé des pagnes est indépendant de leur volonté. « La matière première, tel que le rouleau de fil, est coûteuse. De plus, la teinture et même le tissage ne sont pas  faciles », explique-t-elle.

Dans le souci de vulgariser et de promouvoir le port de cette cotonnade qu’est le dan fani, le gouvernement burkinabè a décidé de le subventionner en le choisissant comme pagne officiel du 8-Mars. Malgré cela, peu de Burkinabè ont l’occasion d’acquérir ce pagne. « Personnellement, je n’ai jamais porté les pagnes tissés du 8-Mars parce que le prix tourne autour de 8000 et 10000. Si tu prends le pagne à ce prix tu vas le coudre  à combien ? » S’interroge  Mariam Ilboudo.

A la question de savoir si l’obligation du port du Faso dan fani dans les services publics est la solution à son implantation définitive dans les habitudes vestimentaires au Burkina Faso, beaucoup sont sceptiques. Car selon eux,  le pouvoir d’achat au Burkina Faso ne permet pas de s’habiller en dan fani. « Moi je pense que les choses doivent se faire de manière progressive. On  peut peut-être encourager le port du dan fani chaque lundi dans les danfani 2services, voir dans quelle mesure on peut l’insérer aussi dans les écoles et universités », indique Halidou, couturier.

Du reste, étant un grand producteur et exportateur de la matière première qui est le coton,  l’accompagnement de l’Etat permettrait de transformer sur place une grande partie de cette production. Ce qui constituerait une bouffée d’oxygène aussi bien pour les tisserands que pour la population qui  aurait ainsi le dan fani à sa portée.

Edwige Sanou