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Photo micro trottTrois jours après la fin de la 15e édition du Salon international de l'artisanat de Ouagadougou (SIAO), nous avons fait un tour sur les lieux pour recueillir les avis des riverains sur l'impact du Salon sur leurs activités. Dans ce micro-trottoir, des commerçants, des résidents ainsi qu’un ouvrier de la zone nous donnent leurs impressions.

Mme Sawadogo, vendeuse de fruits : « Nous n'avons pas pu vendre durant le SIAO. A cinq jours de l'événement, nous avons été déguerpis des lieux. Et durant les dix jours qu’a duré l’événement, nous sommes restés à la maison. Ce n'est qu'hier que nous avons pu reprendre notre activité commerciale. Même si nous avions été prévenus, il faut dire que le délai qui nous avait été donné n'a pas été respecté, ce qui a occasionné des pertes énormes sur nos fruits, étant donné que nous n'avons pas pu les vendre. Les fois à venir, nous aimerions être prévenus à temps car cela nous éviterait de faire des provisions que nous ne pourrions pas écouler. »

Roger Nikiéma, vendeur de téléphones portables : « Pendant le SIAO, nous avons marqué un arrêt de nos activités commerciales parce qu’il n’y avait plus de passage pour accéder à nos commerces. Ainsi, c’était pénible pour nos clients de faire le grand détour pour parquer leurs engins à deux cents francs et venir dans nos boutiques. Certes, avant l’ouverture  du Salon nous avons obtenu des laissez-passer, mais deux jours après ils n’étaient plus valables. D’habitude, nous vendons une dizaine de portables par semaine et faisons un nombre satisfaisant de transferts d’argent mais avec les grandes compagnies de téléphonie cette fois-ci, la concurrence était rude.  C’est seulement les transactions Western Union qui ont marché grâce aux étrangers qui venaient retirer de l’argent chez nous. Si la prochaine fois le comité d’organisation pouvait offrir de la place aux commerçants riverains du SIAO, cela nous arrangerait. »

 Aboubacar Cissé, résident de la zone : « L’organisation du SIAO, du point de vue sécuritaire, était bien. Cependant, nous avons été exposés dix jours durant à la poussière, si bien que plusieurs personnes ont été infectées par le rhume, la toux et d’autres maladies. Notre cri du cœur est que les organisateurs prévoient une déviation les fois à venir ou alors que la voie soit carrément bitumée à cet endroit. »

Assétou Ouattara, vendeuse de plaquettes d’œufs : « Cette période a été celle des vaches maigres pour moi. La déviation nous a beaucoup fatigués car presque toutes les heures il y avait un embouteillage et cela, jusqu’au soir. Les voies n’étaient arrosées que les jours fériés, qui étaient des jours de grande affluence. »

Emmanuel Bougouma,  ouvrier : « Le trafic routier était permanent et la poussière nous envahissait jusque dans nos chambres. Il y a eu des années où des jeunes ont barré le passage aux gens, soit en érigeant des barricades, soit en creusant des trous sur la voie pour contraindre l’autorité à arroser régulièrement la route à ce niveau. Nous souhaitons que l’Etat fasse l’effort de bitumer les déviations ou, à défaut, qu’il  dévie les usagers de la route du côté des voies bitumées du SIAO. »

  Propos recueillis par Saâhar-Iyaon Christian SOME BEKUONE et Armelle OUEDRAOGO

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