sidi lamine oIncitation à la commission d’attentat à la sûreté de l’Etat, c’est ce qui est reproché à Lamine Omar SIDI, de nationalité malienne, dans le cadre du procès du putsch de septembre 2015. Si l’accusé martèle avoir pattes blanches dans cette affaire, ses avocats à savoir Me Zaliatou AOUBA et Me Michel TRAORE ont dans un mémoire déposé peu avant le début du grand déballage de leur client, invoqué la nullité de la procédure contre l’accusé, car l’arrêt de renvoi et la citation ne comportent pas les mêmes chefs d’accusation en ce qui le concerne. Pour ce faire, l’article 117 du code de procédure pénale a été invoqué et interprété par chacune des parties. Au final, le juge Seydou OUEDRAOGO et ses paires du tribunal ont jugé la requête irrecevable et monsieur SIDI était obligé de passer à la casserole, même s’il affirme n’avoir pas commis d’acte répréhensible par la justice de son pays d’accueil.

 

accusés procSuspendue hier avec l’exception soulevée par les conseils de Lamine Omar SIDI, l’audience du putsch de septembre 2015 a repris ce mardi 30 octobre 2018 avec les débats autour de l’article 117 du code de procédure pénale. Si pour Me Zaliatou AOUBA et Me Michel TRAORE, conseils de l’accusé, la citation qui appelle monsieur SIDI devant le tribunal militaire ne comporte aucun fait punissable par le législateur burkinabè, pour le parquet et les avocats de la partie civile, ce sont les mentions contenues dans l’arrêt de renvoi qui poursuivent l’accusé. « La poursuite pénale est individuelle quoi qu’il y ait connexité des faits entre les accusés. Chacun avec son dossier, avec ses faits », a déclaré Me Michel TRAORE.

En outre, pour la défense du malien, sa demande ne foule pas du pied les règles du droit, car ayant déposé son mémoire avant le débat au fond de son client. Une interprétation de l’article 117 du code de procédure pénale qui n’est pas du tout partagée par le parquet militaire et les avocats de la partie civile qui estiment que les débats au fond ont commencé depuis le mois de juin quand le premier accusé est passé à la barre vider son sac et que ce n’est que pour une bonne administration de la justice que Lamine Omar SIDI ne commence son grand déballage que maintenant. « Aller dans cette interprétation de la défense, créerait une iniquité, une situation discriminatoire entre les accusés quant au dépôt des mémoires. C’est un dossier unique qui concerne 84 personnes et tout mémoire doit être déposé avant les débats au fond. Les débats au fond ont commencé depuis, puisque des avocats ont été autorisés à prendre la parole, lorsqu’un accusé à la barre citait leurs clients dans son interrogatoire. Le parquet requiert donc le rejet pur et simple, l’irrecevabilité de ce mémoire », a expliqué Alioune ZANRE et ses paires du parquet. Et Me SOME de la partie civile d’ajouter «  les avocats de SIDI confondent débats au fond et interrogatoire de chaque accusé. Penser que les débats au fond ont commencé hier avec l’accusé SIDI, c’est faire une mauvaise interprétation des dispositions de l’article 117 ».

Après une heure de pause pour statuer sur cette nouvelle requête de la défense, le tribunal par jugement avant dit droit a déclaré irrecevable cette demande  et réserve aux dépens. Et finalement, il n’a retenu que l’infraction mentionnée dans l’arrêt de renvoi qui est l’incitation à la commission d’attentat à la sûreté de l’Etat en faisant fie de l’acte de citation qui appelait monsieur SIDI à comparaitre pour des faits de complicité d’attentat à la sûreté de l’Etat.

L’équivoque levée, l’accusé était appelé à dire ce qu’il savait des évènements du 16 septembre 2015 et jours suivants. A l’instar de la plupart de ses co-accusés, Lamine Omar SIDI a plaidé non coupable. En effet, il dit avoir suivi les évènements du 16 septembre 2015 et jours suivants comme tous les Burkinabè, en restant chez lui. Aussi, affirme-t-il n’avoir eu aucun contact avec les généraux Gilbert DIENDERE et Djibril BASSOLE de nature à encourager ou à soutenir le coup d’Etat. Néanmoins il reconnait avoir eu une conversation téléphonique avec le général DIENDERE entre le 29 et le 30 septembre  2015, alors qu’il s’était retranché à la nonciature. « Des écoutes téléphoniques qui me sont imputées, je reconnais celle où je dis que j’allais mourir derrière lui », a confié l’accusé avant de préciser que cela n’était pas à assimiler à un soutien au chef des putschistes.

L’autre personne que monsieur SIDI reconnait avoir eu contact, c’est le colonel Abdoul Karim. Là aussi, il affirme que ce fut un contact téléphonique et non physique. Et de ce contact qui selon l’accusé  a eu lieu en octobre 2015, il affirme que le colonel lui a suggéré de quitter le pays, car il avait eu vent que son nom était associé aux putschistes. « Mais je ne l’ai pas fait, car je ne me reproche rien », a-t-il soutenu.

salle audiIl faut noter que l’inculpation du malien, ami du général DIENDERE qui vit au Burkina Faso depuis le processus de paix entamé au Mali sous la médiation du président Blaise COMPAORE, repose essentiellement sur des écoutes téléphoniques. Mais il est clair : « je reconnais ma voix dans les écoutes, mais il y a des incohérences. Le général ne m’a jamais demandé de faire quoi que ce soit. Il n’avait pas besoin de mon soutien ».

En outre, sur commission rogatoire à la gendarmerie, note le parquet, le malien a déclaré avoir promis de soutenir le général dans son coup d’Etat avec cinq éléments qui se trouveraient dans les camps de refugié situés à Djibo. Ce qu’il réfute catégoriquement et soutient n’avoir jamais mis les pieds à Djibo depuis qu’il est au Burkina Faso. De plus, l’accusé rejette ce procès-verbal de gendarmerie, car il affirme l’avoir signé sans le lire, parce que les enquêteurs lui ont déclaré la main sur le cœur que c’était son acte de mise en liberté. « Le plus savant du monde devant des choses, il y en a qu’on ne peut pas refuser », a-t-il estimé puisque selon lui, après l’humiliation et la maltraitance qu’il a subies pendant son interpellation à la gendarmerie, il ne désirait qu’une seule chose, sa liberté. Ainsi, c’est avec grand étonnement qu’il dit s’être retrouvé à la MACA et devant le procureur avec un procès-verbal collé à la peau. « Quand j’ai lu le PV, j’étais carrément dépassé par le comportement des enquêteurs, car durant ma détention à la gendarmerie, on ne m’a pas posé de questions. De toute ma vie, je n’avais jamais pleuré, mais quand on m’a lu mes charges, j’ai pleuré comme un enfant, car on atout fait pour m’écrouer. Je n’ai rien fait de répréhensible pendant le putsch. Je suis un croyant, je ne suis pas un menteur et le parquet le sait bien. Dans ma religion le mensonge est un grave péché », a-t-il martelé. Sa stupéfaction est d’autant plus grande dit-il, car à la gendarmerie, les enquêteurs lui auraient signifié que dans ce dossier, il n’y avait pas grand-chose contre lui, si ce n’est quelques écoutes téléphoniques. Il affirme qu’on l’aurait proposé de les aider dans leur travail d’enquête, en échange de sa liberté. Toute chose qu’il aurait refusé et qui selon lui, lui aurait valu cette lourde charge.

Quoi qu’il en soit, au regard des procès-verbaux qu’il détient et des écoutes téléphoniques, le parquet estime que le malien aurait apporté son soutien indéfectible au général DIENDERE durant les évènements du 16 septembre et jours suivants, même s’il n’a posé un acte concret.

L’interrogatoire jeune malien de trente-un ans qui se réclame de race arabe et non touareg comme mentionné dans les actes de citation se poursuit le vendredi 02 novembre 2018 au tribunal militaire délocalisé pour l’occasion à la salle des banques de Ouaga 2000.

Candys Solange PILABRE/YARO

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