arton77015Pour son deuxième jour à la barre, l’homme politique Salifou SAWADOGO récuse toutes les accusations et allégations du parquet sur le soutien qu’il aurait apporté au Conseil national de la Transition (CND) en vue de la consolidation du coup d’Etat de septembre 2015. Si le 4e Vice-président du Congrès pour la démocratie et le progrès au moment des faits est resté droit dans ses bottes depuis l’instruction jusqu’à son interrogatoire à la barre du juge Seydou OUEDRAOGO, il affirme tout de même avoir été abandonné par ses camarades politiques, notamment Achille TAPSOBA, Eddie KOMBOÏGO, Noël SOURWEMBA, respectivement 1er Vice-président du CDP, Président par intérim du parti et Secrétaire général section Kadiogo au moment des faits qu’il accuse d’assumer leur part de responsabilité ainsi que leurs actions et décisions.

 


« Quand une pierre tombe du ciel, chacun cherche à couvrir sa tête ». C’est par ce proverbe que Me Seydou YAMBA, un des avocats de Salifou SAWADOGO, ex député CDP et ancien ministre de l’environnement sous l’ère COMPAORE, a décrit la situation actuelle de son client face aux juges du tribunal militaire. Au regard des affirmations de son client qu’il trouve constant depuis le début de l’instruction du dossier du putsch de septembre 2015, Me YAMBA, croit fermement que son client est l’un des oiseaux rares parmi les hommes politiques interpellés dans le cadre de cette affaire qui ait relaté les faits la main sur le cœur.


40594023 469204340226957 6629152906069147648 nEn effet, selon Salifou SAWADOGO, les cadres du parti ont tenu une réunion dans la matinée du 16 septembre afin de valider les listes du parti pour les élections législatives qui s’annonçaient à grands pas. Dans l’après-midi, après avoir été informé de l’arrestation des autorités de la Transition au Conseil des ministres, une réunion informelle a été tenue. Laquelle réunion a vu la participation de certaines grandes figures du parti comme Achille TAPSOBA et Eddie KOMBOÏGO qui a d’ailleurs remis la somme de 10 millions de francs CFA à Salifou SAWADOGO, qui était aussi Coordonnateur provincial Kadiogo du CDP en vue de renforcer la sécurité des camarades du parti eu égard du fait que pendant l’insurrection populaire d’octobre 2014, des domiciles des cadres du CDP avaient été saccagés et brûlés. Une autre somme de 20 millions de francs CFA émanant selon l’accusé d’Achille TAPSOBA lui a aussi été remis le 22 septembre 2015, en vue non seulement de renforcer la sécurité dans les arrondissements, mais aussi de motiver leurs militants qui à la veille de la Tabaski, étaient sans argent à cause de la fermeture des banques compte tenu du contexte sécuritaire incertain né du coup d’Etat.


44252446 491467908000600 2280642464698073088 nCette thèse a été battue en brèche par Achille TAPSOBA et Eddie KOMBOÏGO qui estiment que les fonds étaient destinés à la préparation des élections législatives en vue. En outre selon Noël SOURWEMBA, secrétaire général de la section Kadiogo du parti, le 4e Vice-président du parti l’avait instruit dès l’annonce du coup de force perpétré contre les autorités de la Transition, de mobiliser les jeunes pour dire oui à l’inclusion que prônaient les putschistes. Des affirmations que ne reconnait pas l’accusé qui estime par ailleurs que les affirmations de l’ex secrétaire général ne l’étonnaient au regard des ambitions et des bisbilles politiques qui existaient entre eux. « En dehors de NIOGOLO, proche de SOURWEMBA et de SOURWEMBA lui-même, personne ne tient ce langage selon lequel j’aurai instruit les manifestations qui ont connu des débordements », martèle-t-il.
Selon l’homme politique, il aurait eu vent de la mobilisation des militants du parti après avoir reçu un message téléphonique d’un numéro qu’il ignore le propriétaire dans ce sens. Mais au regard de son contenu, il aurait conclut que ce message émanait de la direction du parti. Mais pour Achille TAPSOBA, les manifestations étaient spontanées et n’ont jamais été instruites par la direction politique.


Mais pour le parquet, toutes les dépositions contenues dans les procès-verbaux sont en porte-à-faux avec les déclarations de l’accusé et le chargent. Seul contre tous, Salifou estiment que ses frères politiques parlent certes le même langage, mais c’est le langage du mensonge, car ils ne reconnaissent même pas avoir pris part à la réunion informelle tenue dans la soirée du 16 septembre 2015. « On a trouvé le voleur, donc on ne veut plus chercher pour trouver la vérité. Pourtant, j’ai même eu à suggérer au juge d’instruction de vérifier mes dires et les transactions bancaires. De l’argent a été utilisé. J’ai expliqué l’affectation des fonds. Je ne vois pas en quoi ce sont des actions de consolidation. C’étaient des actions de prévention au regard du contexte, car jusqu’à présent, nous portons les stigmas de l’insurrection. Nous n’avons pas soutenu le coup d’Etat. Nous avons soutenu l’inclusion, et ce combat pour l’inclusion que menait le CDP ne datait pas du coup d’Etat. La liberté d’expression et de manifester est garantie par la loi et en jouir n’est pas un acte de complicité à une infraction », a expliqué Salifou SAWADOGO. Et d’ajouter que « dès lors qu’ils (ndl camarades politiques) refusent d’admettre qu’il y a eu une concertation informelle au parti, ils battent en brèche tout ce qui suit. Par rapport à une situation donnée, des camarades se dénient. Après mon mandat de dépôt, plus de vingt camarades ont été auditionnés, mais chacun dit qu’il n’était nulle part. Ils peuvent être nombreux à nier les faits, mais je reste sur ma position. Les gens ne veulent pas aller en prison et c’est normal. Même si je suis seul, ce que je dis est la vérité ».


Quoi qu’il en soit, Salifou SAWADOGO reste droit dans ses bottes. « Pour n’avoir pas été celui-là qui a organisé la manifestation du 17, je ne peux être responsable des débordements qui en ont résulté. La rencontre du 17 a été organisée par SOURWEMBA Noël. Je n’ai instruit personne à se mobiliser au rond-point des martyrs », a-t-il insisté. Toute chose qui fait dire à son avocat que « la majorité ne fait pas forcément la vérité. Quand une pierre tombe du ciel, chacun couvre sa tête. Ce qui me peine dans ce dossier, c’est qu’on s’agrippe à des déclarations de co-accusés comme si l’on n’avait pas fait une heure de droit. On s’agrippe à ces propos comme la parole de Jésus Christ ».

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