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aab uneMaître Mireille Barry, avocate du capitaine Abdoulaye Dao, a clos les plaidoiries des avocats de cet accusé. Pour elle, son client est victime d’une machination qui a pour seul but de le faire payer pour toutes les exactions attribuées à l’ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP) alors qu’il n’a fait que suivre les instructions du commandement militaire et doit donc être acquitté. A la suite de l’avocate, Me Zaliatou Awoba a pris la parole pour défendre Ousseni Fayçal Nanéma, accusé de recel.

Pour le capitaine Abdoulaye Dao, accusé de complicité d’attentat à la sûreté de l’Etat, de meurtres, coups et blessures volontaires et incitation à commettre des actes contraires à la discipline militaire, le parquet a requis 5 ans de prison ferme. « Pourquoi requérir cette peine pour le capitaine, alors que pour d’autres accusés avec des charges plus lourdes, il a été requis 15 mois avec sursis ? » Me Mireille Barry se le demande. Son client était absent quand se passait l’attentat à la sûreté de l’Etat et même lorsqu’il est rentré de Bobo-Dioulasso, il n’a fait que se soumettre aux instructions du commandement militaire et rester loyal à l’armée. Celui qui est décrit par son conseil comme ayant été un acteur incontournable du processus de désarmement serait victime d’un « véritable montage orchestré » afin de le faire payer pour tous les crimes qu’auraient commis les éléments du RSP par le passé. Des éléments qui ne seraient pas « la machine à tuer qu’on veut faire croire ou encore des monstres », de l’avis de Me Barry. En l’absence de preuves irréfutables accablant son client, elle a invité le tribunal à l’acquitter, car ce procès a déjà fragilisé l’armée burkinabè du fait des chefs militaires aux « attitudes équivoques ». « Les éléments du RSP n’ont voulu mettre aucun chef dans l’embarras. Au moment de délibérer, Monsieur le président, ne perdez pas de vue la loyauté des  militaires envers leurs chefs, car ils ont été contraints à exécuter des ordres», a conclu l’auxiliaire de justice.

Maître Zaliatou Awoba, conseil d’Ousseni Fayçal Nanéma, a tenu, à l’entame de sa plaidoirie, à soulever l’incompétence du tribunal militaire à juger son client, qui est un civil. A cela s’ajoute l’irrégularité de la saisine de la juridiction qu’elle a soulevée. En effet, sur la citation à comparaître, son client est accusé de complicité de dégradation volontaire aggravée de biens. Cependant, il est jugé dans ce procès pour recel, ce qui fait qu’il n’y a aucune base légale de l’accusation dans le dossier. aab 2Me Awoba a relevé la violation des droits de la défense, car ne sachant pas sur quel chef d’accusation préparer la plaidoirie. Néanmoins, que ce soit pour les faits de dégradation volontaire aggravée de biens ou encore de recel, elle soutient que les infractions ne sont pas constituées, car il n’existe pas d’éléments matériels qui prouvent la culpabilité de son client.  Le juge d’instruction en manque de preuves, selon l’auxiliaire de justice, a conclu qu’Ousseni Fayçal Nanéma était « l’auteur intellectuel » du saccage du domicile de feu Salifou Diallo. Et pour ce qui est du chef d’accusation de recel, « aucun élément ne prouve qu’il avait connaissance de l’origine frauduleuse des objets qu’il avait payé et qui provenait du domicile saccagé de feu Salifou Diallo. Quand on dit qu’il a acquis ces objets à des prix anormalement bas, sur quelle base affirme-t-on cela ? Par rapport à quoi ?» s’interroge l’avocate. Le seul délit qu’aurait commis son client, aurait été d’avoir soutenu le Conseil national pour la démocratie (CND) du général Gilbert Diendéré, parce qu’il prônait l’inclusion. Une « franchise » qui lui a valu d’être traité de « criminel impénitent » par la partie civile. Appelé à la barre par le président du tribunal, l’accusé a affirmé n’avoir fait qu’exprimer son opinion et rester constant dans tous ses dires. Il dit être convaincu que le tribunal va l’acquitter pour non-constitution des infractions.

Armelle Ouédraogo

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