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proc uneLes avocats du colonel-major Boureima Kiéré se sont évertués à prouver au tribunal militaire que les accusations portées contre leur client n’étaient pas prouvées. Ils dépeignent dans leurs plaidoiries un soldat loyal et empreint d’humanisme, qui a joué le « pompier de service » pendant le putsch, car de nombreuses personnalités dont l’actuel président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, se sont tournées vers lui quand elles étaient en détresse.  Si la peine de cinq ans de prison avec sursis requise contre lui par le parquet semble acceptable, Maître Mireille Barry fait noter qu’elle sonnerait, si elle était prononcée, la radiation du colonel-major Kiéré qui, après 38 ans de service, est à deux pas de la retraite. Elle invite alors le tribunal à acquitter son client, car il est innocent et aucun élément matériel ou moral ne le rattache aux évènements du 16 septembre 2015.

Maître Dieudonné Bonkoungou, conseil du colonel-major Boureima Kiéré, a à l’entame de sa plaidoirie tenu à rappeler les faits pour, dit-il, aider le tribunal à sortir de ceux narrés par le parquet avec amalgame, confusion de dates et omission volontaire de certains faits. Son client, soutient-il, durant les évènements du 16 septembre et jours suivants, a constamment été en contact avec la hiérarchie militaire et l’informait de ce qu’il faisait. Accusé de complicité d’attentat à la sûreté de l’Etat, de meurtres, coups et blessures volontaires, l’ex-chef d’état-major particulier de la présidence pendant les faits serait pourtant celui qui a volé au secours de bon nombre de personnes dans la détresse. En témoignent les 6 000 coups de fil qu’il a reçus de toutes parts. Toutes ces victimes allaient-elles lui demander assistance s’il était un bourreau et avait été complice de l’attentat à la sûreté de l’Etat ? Me Bonkoungou est convaincu que non. Pour cette infraction, il soutient que les réquisitions du parquet ne sont pas constituées. Cela, puisque selon le Code pénal, toute personne doit être informée de la nature et des motifs de l’accusation portée contre elle. Pourtant dans ce dossier, argue l’avocat, le parquet ne dit pas aux accusés de façon détaillée les motifs des accusations. Ce qui prouve que le parquet ne dispose pas de charges réelles contre son client. Il illustre cela par un proverbe mossi qu’il traduit en ces termes : « On peut attraper pour rien, mais on ne peut pas laisser pour rien ». Comme pour signifier que le parquet refuse de reconnaître qu’il manque de preuves pour condamner les accusés qui sont eux-mêmes des victimes.

Concernant les éléments matériels évoqués à la charge de l’officier supérieur, Me Bonkoungou estime que sa présence au ministère de la Défense et sa participation à la rencontre ne sauraient être considérées comme preuve de son implication, puisqu’il était membre de la CRAD. Il en est de même pour le premier  communiqué après la proclamation du CND qu’il a signé, à un moment où les chefs militaires n’ont pas eu le courage de se prononcer clairement sur la situation, pour des raisons, disent-ils, de sécurité.

proc 2Pour les faits de meurtres, coups et blessures volontaires, l’avocat de l’accusé souligne là un amalgame d’infractions. Il se demande si cette confusion volontaire n’indique pas une volonté de maquiller et d’exagérer les faits pour s’attirer la sympathie d’une certaine frange de la population. Même si la responsabilité du colonel major Boureima Kiéré ne saurait être engagée dans les meurtres et exactions constatés selon son conseil, celui-ci rappelle que les soldats ont dû recourir à des coups de feu tirés en l’air pour disperser une foule agressive qui n’était pas toujours mains nues. Pour lui, il n’y a pas eu meurtre ni coups et blessures, car les morts répertoriées n’ont pas été voulues. Les tirs de sommation avaient pour seul but le maintien de l’ordre et non la mort des manifestants.

Pour Maître Mireille Barry, également conseil de l’accusé, le tribunal doit remettre chaque acte posé dans son contexte et tenir seulement compte des actes posés par son client et non du fait qu’il appartenait au RSP. Les évènements du 16 septembre sont, à son avis, la conséquence des différentes compromissions faites par l’armée, qui a été sourde aux appels à l’aide du RSP, secoués par cinq crises avant que ne se produise le putsch. Et ces compromissions, les citoyens les ont payées au prix fort comme le témoignent les morts constatés. Même aux premières heures du putsch, l’armée n’a mené aucune forme de communication pour signifier aux populations qu’elle n’adhérait pas au coup de force.  Pour revenir à son client, elle souligne que celui-ci n’a ni ordonné, ni planifié, ni aidé à exécuter le putsch. Il est encore moins un menteur, un démolisseur de troupe ou un tueur. C’est un excellent soldat qui, selon elle, a vu plusieurs fois ses mérites reconnus par des décorations. Il serait donc injuste qu’en l’absence d’élément matériel et moral le rattachant aux évènements du 16 septembre, il soit condamné à  5 ans de prison avec sursis, car cette peine sonnerait la fin de sa carrière dans l’armée, lui qui est à deux ans de la retraite. « Il est innocent et doit pour cela être libéré », a-t-elle conclu.

Armelle Ouédraogo

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