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driver uneDe jour comme de nuit, les chauffeurs de taxi sillonnent la ville de Ouagadougou à la recherche de clients. Dans tous les quartiers de la ville il y a au moins une gare de taxi. A côté des bus, des engins et autres moyens de déplacement, l’usage du taxi par les populations est fréquent. Ainsi, les conducteurs de taxi transportent tout, voient tout. Mais qui transportent-ils ?  Et que voient-ils en général ? Radars info Burkina a sillonné une partie de la ville en compagnie d’un taximan.

Les taxis font partie des moyens de transport les plus présents dans la ville de Ouagadougou. Antoine Sawadogo est chauffeur de taxi depuis plus de 20 ans. Ses clients sont essentiellement des commerçantes, des élèves, des ouvriers,  des voyageurs et même des salariés. Nous l’avons rencontré au grand marché de la ville,  à la gare de taxis menant au quartier Tampouy. Nous décidons d’embarquer à bord de son taxi, mais avant il lui faut trouver un certain nombre de clients.

Juste à côté lui, un autre taxi vient d’arriver de Tampouy. Une discussion à l’allure d’une bagarre éclate entre le chauffeur et sa cliente. Les deux parties s’expliquent dans un vacarme. Selon le conducteur, la dame avait des bagages et les frais de transport s’élevaient à 500 F CFA. Cependant, celle-ci a dit qu’elle n’avait que 300 F. Mais arrivée à la gare, elle a tendu un billet de 2000 F au chauffeur. Celui-ci, en colère, veut donc prélever 500 F. Voilà l’origine de cette altercation.

« Ce genre de bagarre est fréquent ici et c’est presque pour les mêmes raisons : soit c’est un client qui négocie en dessous du prix de transport normal et brandit finalement un gros billet, soit c’est quelqu’un qui ne vous signale pas qu’il n’a pas de monnaie », nous informe  Antoine le chauffeur de taxi.

Au bout d’une quinzaine de minutes, notre conducteur peut enfin démarrer puisque son taxi est plein : il y a quatre personnes à l’arrière et devant, je suis seul avec lui. Direction : Tampouy. Nous traversons la ville au rythme d’une musique du terroir en passant par la place de la Nation, Larlé et l’échangeur du nord. Au bout de 30 minutes, nous sommes déjà à Tampouy et les clients commencent à débarquer.

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Pour Antoine, ce métier est tout pour lui. Il confie avoir commencé à conduire l'année où le Burkina a organisé la Coupe d'Afrique des nations (CAN), c'est-à-dire en 1998. Grâce à ce métier, il a pu se marier et se construire une maison. « Je ne vis plus en location», nous informe-t-il. Néanmoins, il déplore la baisse de clientèle, consécutive, selon lui, à la présence des tricycles, aux motocycles et à la concurrence des bus. « Depuis lors, nos recettes ont profondément chuté. Pourtant nous devons faire nos papiers plus la visite technique pour être à l’abri des contraventions policières, des frais qui avoisinent 200 000 francs  tous les 6 mois », déplore-t-il.

Une autre réalité à laquelle font face les chauffeurs de taxi, c’est la malhonnêteté de certains clients. « Un de nos collègues est tombé un jour sur un monsieur bien habillé et cravaté qui a demandé à louer le  taxi pour la journée. Notre collègue s’était dit que sa journée était gagnée. Ainsi, il a mis le carburant et fait le tour de la ville avec son client et à leur retour, arrivés vers le palais de justice, son client a demandé à descendre voir quelqu’un dans le palais. Le chauffeur a alors patienté dans le taxi pendant plus d’une heure. Las d’attendre, il a fini par entrer au palais mais son fameux client s’était échappé par l’une des portes du palais de justice», nous raconte un taximan.

Nous devons revenir au grand marché. De l’autre côté de la voie, un sexagénaire l’attend mais le client ne semble pas plaire à notre taximan, qui se met à murmurer : « Encore ce vieux. Aujourd’hui, je ne le prends pas ». A l’approche du client, il sort la tête et lui lance : « Je ne vais pas au marché, je tourne juste à côté là. »

« C’est un vieux boss retraité, quand on le prend il veut nous gouverner, quand tu ne freines pas bien il te gronde, ou quand tu tournes un peu mal seulement il te crie dessus. Donc nous aussi on ne veut plus le pendre. Il nous fatigue trop. Tous les chauffeurs de taxi le connaissent ici. » De retour au grand marché, Antoine se repositionne pour attendre son tour et repartir avec ses clients à Tampouy. Un trajet qu’il effectue en moyenne 5 fois par jour de 07h à 18h.

Au quotidien, commerçants, élèves ouvriers et même des salariés se rendent à leur lieu de travail grâce aux taxis. Les taximètres sont donc témoins de plusieurs scènes qu’ils vivent avec leurs clients. Par ce métier, ils sont en contact avec toutes les couches de la société qu’ils transportent aux quatre coins de la ville.

Pema Neya (Stagiaire)

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