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tarpaga uneAprès le colonel-major Salif Tinguéri, c’est l’ancien directeur général (DG) de la police nationale, Lazare Tarpaga, qui était à la barre pour dire ce qu’il a vu, entendu et fait au cours des évènements du 16 septembre 2015 et jours suivants. Si le général lors de son interrogatoire a affirmé avoir eu la promesse de soutien de la hiérarchie militaire et des corps paramilitaires lorsqu’il prenait les rênes du pouvoir au lendemain de l’arrestation des autorités de la Transition, le DG de la police, balaie du revers de la main cette assertion. Pour lui, le général était bien au courant de ce qui se passait, contrairement à ses déclarations.

Le voile commence à être levé sur le rôle joué par les chefs militaires et paramilitaires pendant le coup d’Etat de septembre 2015. Pendant la dizaine de jours passés à la barre, le général Diendéré, présumé cerveau du coup de force perpétré contre les autorités de la Transition, a martelé avoir reçu la promesse de soutien du commandement militaire. Mais aujourd’hui, à la barre, le contrôleur général de police, Lazare Tarpaga, alors directeur général de la police nationale, s’inscrit en faux contre ces déclarations de Golf. Selon ses explications, le 15 septembre 2015 vers 14h, il a reçu un message du directeur de cabinet du président de la Transition Michel Kafando qui l’informait de l’arrestation des autorités de la Transition. Il tenta donc de joindre le chef d’état-major général des armées d’alors, le général Pingrenoma Zagré, et le chef d’état-major de la gendarmerie, le colonel-major Tuandaba Marcel Coulibaly, mais en vain.

 Le même jour, il reçut trois coups de fil du général Gilbert Diendéré qui lui demandait non seulement son soutien, et aussi celui de l’institution qu’il dirigeait, mais aussi d’ordonner des missions de maintien d’ordre, notamment au niveau du carrefour de la télévision BF1 et à la place de la Nation. A tous ses appels, il dit avoir répondu : « Bien reçu, mon général », sans pour autant exécuter ses instructions à la lettre. Au lieu d’une mission de maintien d’ordre, il a ordonné une mission de surveillance, notamment vers le palais de sport de Ouaga 2000. Selon lui, ces appels du général lui ont donné l’impression que celui-ci était derrière l’arrestation de Michel Kafando et de ses ministres.

tarpaga3Le lendemain, il dit avoir rencontré le général Pingrenoma à son bureau et après lui avoir raconté ses conversations avec le général de brigade et dit son sentiment sur la situation, le chef d’état-major général des armées lui a fait le point des réunions tenues au cours de la nuit du 16 au 17 septembre avec l’ancien commandant du RSP et ses hommes ainsi que les médiateurs. D’emblée, il affirme que le général Zagré lui a signifié que si son frère d’armes entend perpétrer un coup d’Etat, lui s’y opposait fortement.

Face à la demande du président du Conseil national de la démocratie (CND)  de multiplier les opérations de maintien d’ordre, l’ex-directeur général de la police dit avoir exposé des problèmes qui l’empêchaient de faire sortir ses hommes. Il s’agissait du manque de matériel pour le maintien d’ordre et d’argent pour motiver les hommes, comme il est de coutume à la police pour ce genre d’opérations. Pour pallier ces difficultés, il affirme avoir reçu du capitaine Dao la somme d’un million de francs CFA, du carburant et du matériel de maintien d’ordre.

Le 17 septembre après le communiqué du CND qui confirmait ses appréhensions sur le coup d’Etat, il dit avoir ordonné des missions de surveillance. Toutefois, il affirme avoir insisté sur le fait qu’aucun policier ne devait s’en prendre aux manifestants qui s’opposaient au coup d’Etat. « Vous devez faire attention aux cibles. Il y a des gens qui manifestent contre le coup d’Etat. Laissez-les tranquilles. Toutefois, il y aura des gens qui vont profiter casser et voler. C’est contre eux que vous devez agir », affirme-t-il avoir donné comme instructions.

Le 18 septembre 2015, à l’issue de la rencontre que le général de brigade a eue avec les différents patrons de corps, le témoin affirme que celui-ci a demandé à la police d’insister sur les opérations de maintien d’ordre d’autant plus que, selon lui, la police  a été témoin de falsifications de cartes d’électeurs. Mais il affirme y avoir opposé un refus. « Vous ne pouvez pas compter sur la police pour avoir des preuves sur des suspicions  de falsification de cartes d’électeurs », dit-il avoir répondu au président du CND.

Dans sa narration de ce jour, l’ex-patron de la police affirme avoir aussi communiqué avec le colonel-major Kiéré. Dans une de leurs conversations, il note que le colonel-major Kiéré lui a demandé de composer un mot de passe avec le colonel-major Tuandaba Marcel Coulibaly pour faciliter la mobilité de leurs hommes pendant le couvre-feu. En outre, il affirme que celui-ci lui aurait demandé de quadriller la zone de la radio Savane FM et de fouiller toutes les cours aux alentours, car selon ses informations, la radio de la résistance y était. Prétextant l’heure tardive, il dit avoir refusé de s’exécuter.

Après ce témoignage de l’ancien patron de la police nationale, le parquet militaire a dit avoir été conforté dans sa position que le président du Conseil national de la démocratie CND a bel et bien planifié, commandité et exécuté le coup d’Etat de septembre 2015. En effet pour Alioun Zanré et ses pairs, si le père spirituel du RSP n’était pas au-devant des choses, il n’y a pas de raison qu’il puisse dès les premières heures de l’arrestation appeler le directeur général de la police pour lui donner des instructions et demander son soutien ; cela d’autant plus que la déclaration de prise de pouvoir du CND a eu lieu le 17 septembre 2015.

tarpaga2Appelé à la barre, le général rejette les déclarations du contrôleur général de police et affirme ne l'avoir appelé que le 17 septembre 2015 quand il a appris que des manifestants étaient sur le point d'aller brûler son domicile à Yako. « J'imagine que lorsque Lazare Tarpaga faisait sa déclaration, il ne pensait pas qu'on allait être côte à côte devant le tribunal », a-t-il lancé avant d'ajouter : « Ce qu'il a dit est le prototype du faux témoignage. » Dans la même veine, le capitaine Dao également nie avoir remis de l’argent au directeur général de la police au cours des évènements du 16 septembre 2015 et jours suivants.

Mais le témoin reste imperturbable face au général et martèle que c’est la main sur le cœur qu’il relate ce qu’il a vu, entendu et vécu au moment des faits. Il insiste sur ses communications du 16 septembre avec lui. « Je peux m'être trompé sur l'heure, mais les coups de fil ont bel et bien eu lieu le 16 septembre », insiste-t-il.

Il affirme même que c’est un agent de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS) qui a récupéré l'argent en son nom des mains du capitaine Dao.

Candys Solange Pilabré/Yaro

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