3AADD645 605D 437A A870 8D701C9312BFCe lundi 1er octobre 2018, le procès de Laurent GBAGBO et de Blé GOUDE à la Cour pénale internationale (CPI) prend un tournant majeur avec l’ouverture des audiences clés. Mais déjà, l’ancien chef d’Etat et son ex-ministre demandent l’acquittement, avant même d’avoir présenté leurs témoins à décharge. Les juges sont par ailleurs très attendus les mois à venir, car ils doivent décider de la poursuite ou nom du dossier.

 

Accusé de crimes contre l’humanité commis lors des violences qui avaient suivi l’élection présidentielle de 2010, l’ex-président de la Côte d'Ivoire, Laurent GBAGBO, a dans une requête envoyée le lundi 25 juillet 2018, exhorté les juges de la Cour pénale internationale (CPI) à prononcer son acquittement et à le libérer, arguant que le procureur n'avait pas pu prouver les accusations de crimes contre l'humanité. « Les éléments présentés par le procureur sont insuffisants pour prouver les charges à l’encontre de Laurent Gbagbo au-delà de tout doute raisonnable », avaient alors écrit les avocats de la défense. Pourtant, en principe, après l’audition deux mois durant, des témoins du procureur, les avocats des deux accusés auraient dû appeler à la barre leurs témoins à décharge.

L’audience de ce lundi 1er octobre 2018, doit en principe trancher sur la question. Une audience au cours de laquelle les arguments de la défense et ceux du procureur seront entendus. La question posée aux trois juges pourrait se résumer ainsi : existe-t-il des preuves qui, à ce stade de l’affaire, permettraient de condamner l’ex-président et son ex-ministre ? Si tel est le cas, les avocats de l’ex-président ivoirien et de son ancien ministre devront alors appeler leurs propres témoins pour contrer les preuves de l’accusation. Si les juges devaient décider qu’aucune preuve ne permettrait de condamner, les deux hommes seraient acquittés.

groupe upc rdLe procureur fonde ses poursuites sur le dessein d’une politique criminelle mise en place par Laurent GBAGBO pendant la crise postélectorale de 2011.  Lequel dessein serait manifeste selon lui, à travers le mode opératoire des forces de sécurité ivoiriennes, des miliciens et des jeunesses pro-Gbagbo, qui avaient dans leur collimateur les civils acquis à la cause d’Alassane OUATTARA, l’entêtement de GBAGBO à rester au pouvoir malgré le verdict des urnes et l’absence de punition des crimes commis dans les rues d’Abidjan. C’est cet élément politique qui fait que les meurtres, les viols, les persécutions et les actes inhumains dont les deux hommes sont accusés peuvent être qualifiés, ou non, de crime contre l’humanité. Mais, il faut noter qu’au cours de l’audition des témoins à La Haye, le procureur a eu le plus grand mal à démontrer l’existence d’un tel plan.

En face, la défense assène depuis des mois qu’en mobilisant ses forces, son armée et sa police, Laurent GBAGBO n’a fait qu’accomplir ses devoirs de chef d’Etat.  Mais, si un chef d’Etat peut légitimement activer ses forces armées, l’activisme des Jeunes patriotes, de mercenaires et de miliciens s’avèrent plus difficile à justifier. Quoi qu’il en soit, les avocats de Charles Blé GOUDE assurent que les opérations menées par les Jeunes patriotes visaient à « protéger la population des forces rebelles », forces menées par Guillaume SORO, et sur lesquelles le procureur a constamment fait l’impasse au cours du procès. En outre, pour l’avocat de Laurent GBAGBO, « le fait que les rebelles n’aient pas désarmé », depuis la tentative de coup d’Etat de 2002, qui avait scindé le pays en deux, « constituait une menace », expliquant les actes de l’ancien président lors des crises postélectorales. Egalement, si l’accusation a fait enregistrer au dossier des reçus pour des fonds provenant du cabinet de la présidence à destination de différents groupes, qui « sont indicatifs de liens entre la présidence de GBAGBO et la milice de Blé GOUDE », notamment du Groupement patriotique pour la Paix (GPP), la défense prêche qu’aucun lien funeste ne saurait s’établir entre les deux accusés au moment de la crise de 2010-2011.

27493hr 592x296Il faut noter que les spéculations autour d’un acquittement proche des deux accusés ont fait réagir les avocats de l’Etat ivoirien. « Il faut à la fois se garder de réécrire l’histoire et de l’écrire à l’avance », écrivent-ils dans un communiqué. Jean-Pierre MIGNARD, Jean-Paul BENOIT et Pierre Emmanuel BLARD, dénoncent le « coup de bluff » de la défense. « Le procès qui rentre dans sa dernière phase doit se poursuivre jusqu’au bout et aucun artifice ne le fera dévier », assurent-ils.

Quoi qu’il en soit, c’est avec le plus grand optimisme que les partisans de ces deux compagnons d’infortune voient ce retour au box de leurs idoles, après huit mois sans prendre le chemin de la salle d’audience. Partisans ou non, tous ont donc les oreilles et le regard tourné vers la CPI dont le verbe de ses juges est fortement attendu les mois à venir.

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