bori uneDans sa sortie hebdomadaire de ce 09 juillet, l’opposition politique burkinabè a invité le gouvernement à lancer une opération dénommée « Bori bana ». Cette proposition fait suite au constat du flux massif des populations des zones touchées par l’hydre terroriste vers les centres urbains dits plus sécurisés.  Les conférenciers du jour ont également invité le ministère des Mines et des Carrières à faire toute la lumière sur le prélèvement de manganèse de la mine de Tambao, quand on sait que le scandale sur le « charbon fin » n’a pas fini de faire des gorges chaudes. L’opposition politique s’est aussi réjouie de l’autosaisine du Conseil constitutionnel au sujet de la révision du Code pénal.

Confrontées quasi quotidiennement aux menaces et attaques terroristes, des populations du Sahel, du Centre-Nord, de l’Est et du Nord fuient de plus en plus leurs villages pour se réfugier dans les chefs-lieux de provinces. Malheureusement, déplore l’opposition politique, elles sont laissées à elles-mêmes sans soins, ni logements et nourriture. Dans ce sauve-qui-peut, elles ont dû abandonner leurs champs et ont vu leur bétail emporté par les assaillants. Pour permettre à ces déplacés internes de rejoindre sereinement leur terroir,  l'opposition politique invite le gouvernement à réagir en mettant en place une opération « Bori bana ». « Bori bana » devra consister, selon les tenants du crachoir, en une vaste opération de sécurisation des zones attaquées, en la réinstallation et au renforcement de l'administration surtout sécuritaire dans lesdites zones et en des plans de riposte et de résilience impliquant les populations elles-mêmes. Selon l'opposition, si le gouvernement continue dans l'inertie et l'indifférence, il trouvera un beau matin une bonne partie des populations du Burkina aux portes de Ouagadougou. Déjà, souligne-t-elle, les 05 et 08 juillet, les déplacés internes de Barsalogho dans le Sanmatenga ont manifesté pour exiger du gouvernement le renforcement de la sécurité dans la commune, qui accueille plus de 27 000 déplacés venus de Pissila, Kaya, Dablo et Pensa.

Se prononçant sur l’affaire de prélèvement de manganèse de la mine de Tambao,  l'opposition a exigé que toute la lumière soit faite.  Elle affirme avoir appris que des camions sous haute sécurité, puisaient du manganèse du site de Tambao et les transportaient à des destinations inconnues. Suite à l'incompréhension des citoyens, le ministère des Mines et des Carrières a publié un communiqué pour expliquer la situation. Il en ressort que l'opération consiste en une vente sous contrôle judiciaire du tribunal de commerce de Ouagadougou, suivant ordonnance du 5 février 2018. Le communiqué précise que la vente a été conclue avec la société MDS Limited, qu’elle porte sur 40 000 tonnes de manganèse et que les produits issus de la vente seront déposés au Greffe du tribunal de commerce de Ouagadougou. Ils devraient permettre de dédommager les ex-travailleurs et créanciers de la société Pan African Tambao. Tout en se réjouissant que le problème des ex-travailleurs puisse connaître un début de dénouement, l'opposition politique déplore cependant que les autorités locales de la commune de Markoye, dont relève Tambao, ne soient pas informées de cette opération. Du reste, il n'existe aucune information sur le montant des dettes des ex-travailleurs et créanciers, sur la valeur des 40 000 tonnes de manganèse, encore moins sur les critères de présélection de l’entreprise MDS Limited.

En attendant une décision sur l’autosaisine du Conseil constitutionnel pour vérifier la constitutionnalité de la loi n°040-2019/AN du 21 juin 2019 portant modification de la loi n°025-2018/AN du 31 mai 2018 portant Code pénal, l’opposition politique félicite l’institution présidée par Kassoum Kambou pour son courage. Elle en a fait de même pour l’Unité d’action syndicale (UAS) et certaines organisations de la société civile qui, selon elle,  ont rejeté ledit texte juridique, qualifié de liberticide.

Armelle Ouédraogo

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