dialog uneAfin de résoudre tous les problèmes sociopolitiques, le président du Faso a initié un dialogue politique entre majorité et opposition. Selon que l’on est de la majorité ou de l’opposition, les attentes divergent. On se pose donc des questions sur les chances de réussite de ce dialogue.

Pour le président en exercice de la Coalition pour la démocratie et la réconciliation nationale (CODER), Ablassé Ouédraogo, « la réconciliation nationale est une impérieuse nécessité pour sortir le Burkina Faso de sa situation actuelle et un impératif pour la construction de la nation burkinabè ». Pour les responsables de cette coalition, la justice transitionnelle est une nécessité si on veut une réconciliation réussie.  Car la voie judiciaire choisie pour le règlement de la crise sociopolitique que traverse le Burkina Faso n’est pas celle qui pourrait garantir la paix aux Burkinabè, argumentent-ils. La CODER estime que la justice transitionnelle, en plus d’apaiser les cœurs, offre des garanties pour la manifestation de la vérité, ce qui permettra la reconnaissance des différents délits et crimes et débouchera sur la réparation, la repentance, etc. De l’avis des conférenciers du jour, la réconciliation doit prendre en compte toutes les filles et tous les fils du pays et être inclusive en permettant le retour des « exilés politiques » avant les élections de 2020.

Cette position de la CODER, le parti majoritaire ne la partage pas entièrement. Car selon le président par intérim du Mouvement du peuple pour le progrès,  Simon Compaoré, « le MPP est favorable à la réconciliation nationale, mais une réconciliation vraie, qui ne sacrifie pas la vérité et la justice sur les actes graves commis qui ne peuvent disparaître d’un coup de baguette magique de la mémoire individuelle et collective. Le MPP se démarque de l’amalgame fait à dessein par les chantres de la réconciliation favorables à la justice transitionnelle à des fins de politique politicienne au détriment de l’Etat de droit ».

Me Gilbert Noël Ouédraogo, président de l’Alliance pour la démocratie et la fédération/Rassemblement démocratique africain (ADF/RDA), affirme à propos de ce débat : « Nous sommes tous frères et sœurs, c’est le même sang qui coule dans nos veines et nous avons tous l’amour de notre patrie. Et c’est pour cela que nous estimons qu’il ne faut pas qu’on confonde l’adversité qui peut exister entre nous à autre chose, car en politique nous ne pouvons qu’être au pire des cas des adversaires mais pas au-delà. Et cette adversité ne doit pas nous conduire à l’inimitié. Pour ce qui est du modèle de réconciliation nationale, nous estimons qu’il n’y a pas de modèle de réconciliation arrêté. Le dialogue national est plus que nécessaire. » dialog 2Et de rappeler que son parti avait déjà signifié cela quand il assurait la présidence tournante de la CODER. Cette proposition était que toutes les forces vives de la nation se retrouvent autour d’une même table, et qu’un modèle de réconciliation nationale qui conviendrait le mieux à l’histoire du Burkina Faso et à ses réalités soit trouvé de manière consensuelle. Car pour lui, « l’objectif de la justice, c’est d’aboutir à la paix des cœurs et à une rencontre des personnes pour regarder ensemble dans la même direction ». De plus, il estime que l’élément prioritaire, c’est la vérité. Car celle-ci permettra de relater les faits, de situer les responsabilités des uns et des autres. A partir de quoi, l’on pourra voir les cas qui nécessitent la justice transitionnelle ou celle classique.  

De prime abord, bon nombre d’acteurs politiques apprécient l’initiative du président du Faso d’aller au dialogue politique pour certaines questions d’intérêt national, mais des zones d’ombre demeurent quant au format et au contenu de celui-ci. Tout en souhaitant que ce dialogue se déroule bien, nous exhortons les parties prenantes à dépassionner les débats et que l’intérêt supérieur de la nation soit mis en avant en lieu et place de celui partisan. Nous invitons donc les uns et les autres à jeter un regard dans le rétroviseur pour tirer des leçons du dialogue politique de 2014.

Saâhar-yaon Christian Somé Békuoné

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