sach uneLes rues de la ville de Ouagadougou sont infestées de sachets plastiques de toutes sortes. Difficile, voire impossible, de faire 100 m sans en apercevoir.  Bien que l’interdiction ait été actée par un texte juridique depuis  2014, le constat est amer : les sachets plastiques pullulent dans la capitale du Burkina.

Selon la loi n°017-2014/AN, la production, l’importation, la commercialisation et la distribution des sachets plastiques non biodégradables sont interdites au Burkina Faso. Bien qu’elle soit en théorie effective depuis le 21 février 2015, force est de constater que ladite loi se heurte à des difficultés dans son application sur le terrain. La preuve en est que les sachets plastiques traditionnels, c’est-à-dire non biodégradables, foisonnent un peu partout : dans les marchés, les boutiques, les alimentations, etc., où ils sont vendus comme emballages à des coûts très réduits.  Après usage, ils sont aussitôt jetés dans la nature, toute chose qui constitue à n’en pas douter un problème environnemental majeur. Ces sachets envahissent les villes et villages, au point qu’il n’est pas exagéré d’affirmer que ces aires géographiques sont en train de devenir des dépotoirs de sachets en plastique.

Selon Fidel Yaméogo, inspecteur de l’environnement et par ailleurs coordonnateur national du traitement et de valorisation des déchets plastiques, « des sorties de contrôle faites par les équipes dans toutes les régions ont effectivement  révélé des insuffisances dans la compréhension de ladite loi et aussi dans les procédures d’importation.  En effet, pour toute importation de sachets plastiques, il faut un certificat d’homologation délivré par le ministère. La difficulté majeure  était due au fait que  l’autorisation était délivrée uniquement  sur la base des documents des promoteurs »

sach 2Si jusque-là l’effectivité de l’application de cette loi tarde à être constatée, la multiplication des opérations de contrôle inopiné pourrait bien compenser cette faille à travers le TAL-X, l’appareil  qui permet de détecter avec efficacité la biodégradabilité des sachets  plastiques.  Cela  permettrait de rappeler à l’ordre ceux qui foulent jusqu’à présent aux pieds la loi susmentionnée, sous peine pour les récalcitrants de subir des sanctions.  « Dans le cas où l’appareil détecte des sachets plastiques non biodégradables, ils sont saisis et cela donne lieu à une amende », précise Fidel Yaméogo.

En tout état de cause, l’éradication des sachets plastiques non biodégradables n’incombe pas uniquement aux autorités, elle  concerne aussi et surtout les citoyens  en ce sens que ceux-ci doivent être des acteurs de premier plan dans cette lutte.

  Edwige Sanou / Pema Neya (Stagiaire)