eco uneAu Burkina Faso, la consommation du bois de chauffe et du charbon de bois est importante à telle enseigne que des mesures s’imposent pour la protection de l’environnement. Dans le souci de réduire cette consommation excessive, un jeune étudiant a mis sur le marché du charbon 100% écologique. Un produit hautement apprécié qui suscite l’admiration de nombre de personnes pour ce jeune inventeur.

Fabriqué à partir éléments bios tels que les coques de maïs, les peaux d’ananas, la paille, l’herbe et de l’argile, le charbon écologique bio made in Burkina est la toute dernière trouvaille du jeune et talentueux inventeur Assami Ouédraogo. Du haut de ses 26 ans, ce jeune étudiant en 4e année de médecine, également étudiant en licence professionnelle en technologie de l’eau et de l’environnement à l’université de Ouagadougou, a mis son ingéniosité au service de la nation  en élaborant ce charbon bien qu’il n’ait pas reçu de formation de base en la matière.

En plus d’être une innovation au Burkina, le charbon écologique offre un certain nombre d’avantages aux consommateurs. « Le charbon est très économique ; il peut être utilisé en petite quantité pour toutes les cuissons (pas besoin de trop charger le four à charbon).Une fois allumé, ce charbon met entre 4 et 5 heures de temps avant de commencer à se dégrader. Il ne fume pas, ne noircit pas les casseroles et marmites. Il ne pollue pas l'environnement et n'est pas toxique non plus », explique M. Ouédraogo.


Selon lui, la cendre peut être versée sous les plantes pour améliorer la rétention d'eau, elle est donc un agrégat parfait pour les plantes. « On rappelle toujours les clients après la livraison pour recueillir leurs appréciations, avis et recommandations sur le produit.  Nous n’avons pas encore eu de critique de négative.  Les clients apprécient vraiment le produit », ajoute-t-il. eco 2Ce produit pourrait donc être une réponse à la forte demande en énergie au Burkina Faso. Même au stade artisanal, il se hisse déjà bien sur le marché local. « Ce produit est vraiment demandé sur le marché. En ce moment, on est submergé par les commandes. Ceux qui l’ont déjà pris en redemandent », souligne le fabricant.

Toutefois, même si ce produit est tant sollicité sur le marché, l’initiateur du projet ne manque pas de souligner la difficulté majeure à laquelle ils font face, à savoir le manque d’accompagnement qui limite la production, toute chose qui ne permet pas la satisfaction des demandes sur le marché. « Actuellement, mon véritable problème est le manque de matériel », déplore l’étudiant.

L’un des défis majeurs de ce siècle est le problème de l’approvisionnement en énergie, lequel se pose avec acuité dans le monde entier, mais encore plus dans les pays du tiers-monde. En effet, la forte croissance urbaine des villes du tiers-monde, leur développement peu organisé, le développement exponentiel de la démographie entraînent une consommation importante d’énergies de toute sorte (combustibles fossiles, bois-énergie, électricité…). Une telle initiative est donc à saluer et à encourager au Burkina Faso, car elle pourrait bien être une solution palliative à la dégradation de l’environnement.

Edwige Sanou