kady unePassionnée de cinéma depuis son jeune âge, Kadi Traoré y a fait ses premiers pas en tant qu’actrice. Après une riche carrière d’actrice dans des films, téléfilms et séries télévisées, la belle et talentueuse artiste évolue actuellement en tant que réalisatrice. A quelques semaines de la biennale du cinéma africain, le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO), Radars Info Burkina est allé à la rencontre de la réalisatrice pour un zoom sur sa carrière.

Radars Info Burkina : Vous avez d’abord été connue en tant qu’actrice, vous avez à présent la casquette d’actrice et de réalisatrice. Pourquoi avoir fait le choix de passer derrière la caméra ?

Kadi Traoré : C’est vrai que j’ai commencé en tant que comédienne. J’ai joué dans pas mal de séries, j’ai commencé par « les jeunes branchés ». Ensuite  il y a eu « A nous la vie », et j’ai travaillé également sur des longs métrages. A un moment donné,  je me suis retirée de la scène. Ainsi, pendant pratiquement cinq à six ans, voire plus, je n’ai plus joué. J’avais des projets personnels, j’écrivais des films mais je savais que pour passer derrière la caméra il fallait s’outiller. Donc j’ai suspendu pour aller m’inscrire dans une école de cinéma, où j’ai passé trois ans. Au départ j’étais partie pour faire de la réalisation, mais j’ai fini par choisir la technique. Je suis sortie trois ans plus tard avec une licence en image. Après l’école de formation, j’ai été sur plusieurs plateaux comme assistante caméra pendant pratiquement deux ans. A ce moment-là, il n’y avait pas d’accompagnement pour les jeunes sortis fraîchement des écoles. C'est pourquoi, en collaboration avec  des promotionnaires, nous avons  décidé de faire quelque chose. Moi, j’ai écrit un  scénario qui ne nécessitait pas beaucoup de comédiens et que j’ai proposé à des collègues. Voilà comment nous avons décidé de nous lancer. C’est comme ça que mon premier film, « A vendre », est sorti.

kady 2RIB : Où en êtes-vous dans votre carrière en ce moment ?

KT : En ce moment, je travaille sur une série télévisée qui s’intitule « Femmes au foyer ». J’ai commencé à l’écrire il y a environ trois ans. J'ai cherché un financement sans succès, ce qui ne m’a pas empêché de continuer à travailler sur le projet. Après, j’ai décidé de faire une démo, parce que je n’avais jamais travaillé sur une série. Chaque fois que j’approchais des gens, on me posait la question de savoir si j’avais déjà travaillé sur une série, si je pouvais montrer quelque chose. C’est ainsi que j’ai fait la démo, c’est-à-dire une petite présentation de la série, en quelques minutes. Il y a eu la première édition du festival série-série d’Issaka Sawadogo. Ce fut une chance pour nous qu’il ait pu faire venir des acheteurs, des directeurs de chaînes de télé, des gens qui s’intéressent aux séries en général. Et comme son festival était en partenariat avec un grand festival à Fondenburg qui s’appelle série-série, beaucoup de personnes étaient là. Il m’a donc incitée à présenter quelque chose. C’est ainsi que j’ai présenté une production de 13 mn. J’ai eu la chance que des gens aient aimé cela, mais comme je n’avais jamais travaillé sur une série, la même question revenait. Et on m’a demandé les trois premiers épisodes, ce qui n’était pas évident, pour des raisons de financement. Comme le fonds mis en place par le président était lancé, j’y ai postulé  et j’ai eu la chance que la série soit retenue.  C’est ainsi que j’ai fait le tournage de ma série et quand j’ai fait les trois épisodes, les personnes qui étaient intéressées ont été convaincues et ont décidé d’accompagner le reste de la saison.  J’ai fini de réaliser les 25 épisodes de la première saison.

RIB : Comment arrivez-vous à concilier le métier de cinéaste avec votre vie de famille?

KT : Ce n’est vraiment pas évident. Au-delà du métier de cinéaste, c’est difficile pour toutes les femmes qui ont une activité professionnelle et qui veulent avoir « une vie famille ».  C’est de ça que parle la série « Femme au foyer ». Il s’agit des femmes actives, qui  aspirent toutes à avoir une grande carrière professionnelle, malgré toutes les contraintes qu’elles rencontrent. Devoir s’occuper de ses enfants, de son mari, de la maison et devoir dans le même temps se concentrer sur sa propre carrière,  cela requiert une énergie incroyable de la part des femmes. C’est difficile d’être au même niveau que les hommes sur le plan de la carrière. Une femme qui veut être au même niveau que les hommes doit ainsi travailler deux fois plus, parce que même à formation égale, l’homme sera toujours privilégié. Il faut, pour une femme,  montrer qu’elle a plus de compétence, plus d’expérience pour qu’on accepte ne serait-ce que de la traiter sur le même pied qu’un homme qui a les mêmes qualifications. A la lumière de mon expérience personnelle, je puis vous assurer que ce n’est vraiment pas simple.

RIB : A quelques jours du FESPACO, où en êtes-vous avec votre projet ?

KT : Pour le FESPACO, j’ai soumis la série, « Femme au foyer »  et j’attends la sélection.  Si elle est sélectionnée pour être en compétition dans la catégorie séries, la sortie officielle se fera pendant le FESPACO et nous allons en profiter  pour présenter nos partenaires qui ont bien voulu nous faire confiance et nous accompagner pour que ladite série voie le jour. En un mot, je peux dire que je suis prête pour le FESPACO.

Propos recueillis par Edwige Sanou

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