béninLa République du Bénin pourra bientôt récupérer une bonne partie de son patrimoine culturel. L’annonce a été faite le 24 novembre par le président français Emmanuel Macron.

Cela fait des mois que les béninois attendaient cette décision. De nombreuses démarches ont suivi la demande officielle en juillet 2016 du gouvernement. Didier Houénoudé est historien de l’Art, il revient sur cette décision. "C’est un travail de très longue haleine. Je dirai que dans les années 70 le Nigeria avait déjà essayé de demander le retour de ses biens qui se trouvaient au British Museum. Le Bénin a relancé la machine qui s’était assoupie à un moment donné. Donc on a de très bons retours de la France et nous sommes contents que les biens viennent bientôt retrouver leur pays d’origine", déclare le scientifique.

Seuls 26 biens sont concernés par cet historique de restitution, un nombre assez important d’œuvres d’art dont se réjouit Marie-Cécile Zinsou, la franco-béninoise qui n’est pas restée en marge de cette bataille. "Les œuvres qui ont été rapportées par le Général Dodds en 1892, ça représente une quarantaine d’objets au Musée du Quai-Branly, pas 5000. Donc il y a aussi beaucoup de chiffres farfelus qui circulent", explique-t-elle.

Sur place, l’état des lieux des musées contraste quelque peu avec la détermination des gouvernants et l’enthousiasme suscité par la décision de restitution. Joel Atayi-Guèdègbé minimise cette inquiétude. "Il faut bien un début à tout ; et ce n’est pas au nom de la défectuosité des infrastructures qu’on devrait dénier à nos pays le droit de récupérer ces pièces-là", souligne Mr. Atayi-Guèdègbé.

bénin 2Les musées existants ne répondent pas aux normes pour accueillir le patrimoine en exil, reconnait Didier Houénoudé. L’historien de l’art estime que c’est  ce qui explique les nouveaux investissements du gouvernement. "Il y en a qui sont des musées de site, comme les palais royaux d’Abomey, il y en a qui sont des musées ethnographiques comme le musée ethnographique Alexandre Sènou Adandé. Mais quelques travaux dans ces musées-là pourraient permettre de pouvoir conserver certains objets. Donc le gouvernement est entrain de prévoir la construction de nouveaux musées : il y a un musée à Porto-Novo, il y en a un autre qui est prévu à Allada, un autre à Abomey et en plus le musée d’histoires de Ouidah. Donc ils vont nous permettre de le transformer pour pouvoir accueillir ces objets-là", conclut-il.  

Gabin Djimassè est conservateur des palais royaux et directeur de l'office du tourisme d'Abomey. Pour lui ce geste de la France aura d’énormes avantages pour la revalorisation des œuvres d’art. "Aujourd’hui, les artistes qui sont sur le terrain ont perdu la main,  ils ont perdu la technique, s’agissant de la matière première n’en parlons pas. Donc ils n’arrivent  pas à nous réaliser des pièces de cette valeur, raison de plus pour que ces anciennes pièces reviennent chez nous pour qu’ils puissent s’en inspirer et savoir qu’ils ont encore du chemin à faire", explique le directeur de l’office du tourisme d’Abomey.

L’étape suivante, l’effectivité de la restitution est fort attendue.

Source : https://www.dw.com/fr/la-france-va-rendre-des-oeuvres-dart-au-b%C3%A9nin/a-46450091

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