dagnonOuagadougou la capitale du cinéma africain regorge de pleins de jeunes talents en matière de cinéma, qui bien souvent, manquent d’accompagnement de suivi et même d’occasion pour montrer leur savoir-faire. Si pour certains, le milieu cinématographique burkinabè est marqué par un conflit de génération qui contribue largement à handicaper le métier, d’autres à l’instar du célèbre acteur Issaka SAWADOGO, ont fait de la jeunesse un maillon incontournable du cinéma burkinabè. Malgré sa notoriété,  le célèbre acteur international, en toute humilité apporte sa pierre dans l’accompagnement de cette jeunesse qui en a tant besoin.

 

Animé d’un désir de partage de son expérience acquise au fil des années, Issaka SAWADOGO, l’étalon du cinéma burkinabè, est un acteur engagé. Présent sur des plateaux internationaux  tel que la série à succès Guyane de canal +, l’acteur burkinabè, humblement,  est aussi aux côtés de ses jeunes frères du pays tels que Salam ZAMPALIGRE dans le film « la république des corrompus »  dont il est l’acteur principal. Il est aussi présent sur le plateau de tournage du jeune réalisateur Oumar DAGNON, pour son film intitulé « A bout de souffle », dont il est non seulement l’acteur principal, mais aussi le coproducteur. « J’ai eu la chance de rencontrer des gens humbles qui m’ont accepté, qui m’ont soutenu  et qui m’ont formé. Je me dis que le plus gros cadeau que je puisse faire à mon pays c’est de revenir partager cela avec la génération montante », explique-t-il.

issCette envie de partager est d’autant plus grand qu’il a conscience de la récurrence  des conflits générationnels surtout dans le milieu du cinéma burkinabè. « Ceux qui ont de l’expérience ne veulent pas céder la place à la nouvelle génération », confie t-il. Issaka SAWADOGO apporte donc son soutien à la jeunesse à travers les conseils et les stratégies grâce ses  expériences acquises lors de ses nombreuses collaborations avec de grosses structures cinématographiques de par le monde. « J’ai dit à Oumar,  nous allons budgétiser notre projet comme il se doit et l’adapter à notre réalité. Tout ce qu’on ne peut pas faire, on va le mettre en coproduction. Comme on ne peut pas me payer et que je ne peux pas t’exiger, nous allons  essayer avec nos structures de mettre en place un système de coproduction. Même s’il y a d’autres partenaires qui veulent venir dans le film et qui ont d’autres choses à nous proposer et que nous ne pouvons pas payer, on peut leur proposer de la coproduction », explique-t-il ;  D’où sa coproduction avec Oumar DAGNON.

12108052 10153237988072852 3957460136219520428 nPour l’acteur international, cette ouverture  permettra à bon nombre de jeunes de mettre en place leurs projets. « Prenons le jeune Oumar DAGNON, il est très bien équipé, la valeur de ses matériels tourne autour de cinq cent à six cent mille euros. Si l’on prend la logistique, toutes les personnes qui disent : j’apporte ma voiture, j’apporte mon vélo, si l’on budgétise tout, cela fait des centaines de milles d’euros, sans compter les salaires. On est en train de mettre en place un système qui va payer tout le monde. Sur le simple fait de signer des contrats  en bonne et due forme, on peut mettre des projets en place quant bien même qu’on n’a pas d’argent », soutient-il.

Quoi qu’il en soit, l’étalon du cinéma burkinabè invite la jeunesse non seulement à se former d’avantage avec des gens qui ont l’expérience, mais les exhorte à savoir adapter la formation aux moyens disponibles. « Nous avons mis en place des projets de formation et d’échanges des comédiens. Je dirais qu’avec Oumar, nous avons mis en place la nouvelle génération du film burkinabè ». Toutefois, « le maire de Guyane » invite les artistes à innover dans le choix des sujets à traiter afin  d’attirer des investisseurs étrangers, car quoi qu’on en dise le cinéma reste une industrie à explorer et à exploiter.

Edwige SANOU

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